Tirer en montagne, c’est entrer dans une autre dimension du tir longue distance. Le terrain n’est plus plat, la position du tireur rarement stable, et chaque degré de pente peut influencer la trajectoire du projectile. Deux facteurs deviennent alors essentiels : l’angle de site et le dévers.
Lorsqu’on tire vers le haut ou vers le bas, la gravité n’agit plus sur toute la distance mesurée, mais seulement sur sa composante horizontale. En clair : la balle chute moins qu’en terrain plat. C’est ce qu’on appelle la sous-chute. Sans correction, le tir finit systématiquement trop haut.
Pour corriger, on applique une simple relation trigonométrique :
Distance corrigée = Distance mesurée × cos(Angle de site)
Par exemple, un tir à 600 m avec un angle de 20° correspond balistiquement à un tir à 564 m. Les calculateurs modernes intègrent ce facteur automatiquement, mais il reste crucial de comprendre ce qui se passe physiquement derrière la donnée.
Le second piège du tir en montagne, c’est le dévers latéral. Un canon incliné, même de quelques degrés, décale le point d’impact : la balle dérive latéralement tout en montant ou descendant légèrement selon le sens du dévers. À longue distance, cet effet devient rapidement significatif. D’où l’importance d’un niveau à bulle parfaitement visible depuis la position de tir et d’un montage rigoureusement aligné.
La montagne ne pardonne pas l’approximation. C’est un terrain exigeant, mais incroyablement formateur pour les tireurs : chaque tir y devient une leçon de physique appliquée.
Tango Echo