Une fascination ancienne pour les récits gothiques
Depuis mes premiers pas dans l’adolescence, je suis fasciné par les récits anciens et, plus largement, par tout ce qui touche aux ambiances gothiques.
Enfant déjà, les contes de fées m’attiraient tout particulièrement. Ce n’était cependant pas pour leurs résolutions heureuses, ni leurs promesses de réparation ou de justice, mais davantage pour la cruauté de leurs antagonistes.
Un personnage comme Barbe-Bleue m’a donné des cauchemars plus d’une fois, à cause de son humanité apparente, alors qu’il est monstrueux et profondément cruel. Toutefois, je restais subjugué par les ogres, les sorcières et autres « méchantes belles-mères », comme figures dévorantes et menaçantes.
Certes, cela me terrifiait profondément et pourtant, j’en redemandais toujours.
Des contes de fées au cinéma gothique
En grandissant, cette attirance ne m’a jamais quitté. Elle a juste évolué et a affiné mon sens de l’analyse des contes.
J’ai lu plus tard les auteurs fantastiques du XIXᵉ siècle. Puis j’ai découvert le cinéma gothique d’une autre époque : les films de la Hammer, avec Christopher Lee, Peter Cushing, Basile Radcliff.
Bien plus tard, d’autres œuvres sont venues nourrir ce goût pour l’ombre : La Dame en noir, Les Autres, mais aussi cette profusion de films d’horreur des années 80 et 90, pas toujours des chefs-d’œuvre, découverts sur Canal+, et l'emission formidable Cinéma de Quartier ,où la peur ne passait pas uniquement par l’esbroufe et l’hémoglobine, mais également par l’atmosphère.
Le meilleur pour la peur reste l’attente, la menace diffuse de ce qu’on ne montre pas.
J’aime ce qui est sombre et ce qui inquiète, bien davantage que l’explosion des chairs et le visuel gore débridé.
L’envie d’écrire mon propre roman gothique
Depuis longtemps, j’avais envie de bâtir mon propre univers gothique.
En dépoussiérant certains codes, en m’appuyant sur d’autres.
J’ai commencé par le biais du jeu de rôle, en tant que maître du jeu. Puis ce fut dans mes premiers écrits.
Sans forcé sur le pastiche, ou sans faire d'hommage trop chargé de « fan service », mais en laissant affleurer ce qui, chez moi, résonnait avec ce genre qui me séduit tant.
Une histoire née entre le Limousin et l’Auvergne
Alors, dans les contrées inconscientes de mon esprit, une histoire s’est formée…
Pour cette histoire gothique, quel meilleur décor — ironie — que celui-ci, qui m’a stimulé durant la genèse de cet ouvrage…
Nous revenions de vacances et traversions, en plein mois d’août 2025, le Limousin et l’Auvergne. Le tout sous un soleil de plomb, écrasant, cognant dur sur les voitures.
J’étais côté passager, laissant volontiers le volant à mon épouse. Plutôt que de faire défiler des vidéos sur mon téléphone, j’ai sorti un cahier, un stylo, et j’ai laissé venir ce qui se présentait.
Les collines, les arbres, les sapins ont fait le reste.
Quatre heures plus tard, j’avais une trame et déjà quelques personnages.
Je savais ce que je voulais et, surtout, ce que je ne voulais pas.
Ce qui est déjà une bonne manière de progresser.
L’écriture de Fièvre Écarlate
Ensuite, j’ai appliqué ma méthode habituelle.
Tout saisir sur ordinateur.
Puis tout laisser reposer…
Trois mois plus tard, au réveil, l’histoire était là.
Prête.
Il n’y avait plus qu’à s’y mettre.
Je me suis jeté dedans comme je fais toujours. Avec une écriture forcenée de plusieurs heures par jour.
J’ai alors œuvré comme une machine :
Écrire, effacer, pester, modifier, recommencer, être désagréable...
Comme souvent, pour m’accompagner dans l’écriture, il me faut de la musique.
J’ai poncé des œuvres gothiques, des bandes originales de films : Dracula, Castlevania Orchestra, Carmina Burana, Wagner et la discographie complète de Powerwolf.
Bref, je vis systématiquement en rapport direct avec ce que j’écris. c'est ma méthode d'immersion totale.
L’ambiance gothique me collait à la peau et j’aime quand je suis dans cet état-là d’inspiration.
Quand j’écris ainsi, j’ai parfois l’impression d’être épaulé par quelque chose qui chuchote à mon oreille.
Ceux qui me connaissent pourraient deviner sur quoi je travaille sans que je n’aie besoin de le leur dire.
Cela se traduit par ce que je regarde et ce que j’écoute, parfois même dans la façon dont je me nourris.
–– Qui à dit tartare et carpaccio ?
Fièvre Écarlate est désormais sur terminé
Fièvre Écarlate est désormais sur terminé et je n'en suis pas peu fier.
Les retours de bêta-lecteurs me conviennent alors ce n'est que du bonheur :)
Et comme tous les auteurs, je sais que chacun de nos livres est un enfant. Certains, parfois, occupent une place un peu particulière.
Ce récit en fait clairement partie, car c’est une sorte d’aboutissement particulièrement personnel.
Voilà qui est désormais fait…
À la manière de certains de mes auteurs de référence, je suis super excité car enfin, j’ai écrit un roman gothique !