Nous sommes samedi. En pleines vacances.
Le sujet du jour ?Une multi bromance? Une simple déclaration d’amour au jeu de rôle ?
Enfin… simple. Pas tant que ça.
Parce que lorsqu’une passion vous accompagne pendant plus de quarante ans, qu’elle vous a donné vos meilleurs amis, des milliers de souvenirs et probablement l’envie d’écrire, il devient difficile d’en parler comme d’un simple loisir. C'est un pan de vote existence.
Mes premiers pas dans le jeu de rôle
Tout commence avec mon cousin, dont je vous ai déjà parlé.
À l’époque, nous nous retrouvions à chaque période de vacances. Et voilà qu’un été, il nous parle, à mon frère et à moi, d’un truc étrange :
Le jeu de rôle.
Bon.
Honnêtement, la première fois, je n’ai absolument rien compris. Mon cousin parlait très vite. J’avais entendu :
« Jeu drôle. »
Ah ? D’accord…
Mais drôle comment ?
Ensuite est venue l’initiation.
Une feuille, un dé, un crayon… et c’était parti.
Heroic fantasy à fond les ballons !
Je ne me souviens que de quelques détails de cette première aventure. Mais je me souviens de la sensation.
L I B E R T E , T O T A L E
Celle de pouvoir entrer dans un monde qui n’existait pas quelques minutes plus tôt. De choisir ce que mon personnage allait faire. De tenter des choses, de combattre, d’explorer et de participer réellement à faire avance l'intrigue.
Pas simplement de la regarder.
J’étais dedans.
Cyberpunk 2020 : la révélation
La fois suivante, mon cousin a ramené Cyberpunk 2020 — Les Années noires, de Mike Pondsmith
Et là…
Tous ceux qui ont joué à Cyberpunk 2020 doivent comprendre ce que j’ai ressenti.
Le changement d’univers était total. Après les épées, les armures et les créatures fantastiques, je découvrais les implants, les corporations, les armes automatiques, les rues saturées de néons et les personnages déjà presque brisés avant même le début de la partie.
Mon personnage était customisé à un cheveu de la cyberpsychose.
Et on était dans le coeur battant des années 80 ; Rock et Synthe.
Bref.
J’étais définitivement conquis par le JDR.
Mais il restait un problème : je n’avais aucun jeu chez moi. Aucun livre ou support qui me permette de lancer mes propres parties.
J’étais dépendant de mon cousin et de ses précieuses boîtes.
Puis est arrivé mon quatorzième anniversaire.
Nous étions en 1989.
Et mon cousin m’a offert In Nomine Satanis / Magna Veritas.
Pffouuaaaa…
Le jeu mythique.
Les anges, les démons, les pouvoirs, l’humour, les affrontements absurdes et cette irrévérence permanente qui donnait l’impression de découvrir quelque chose de totalement interdit.
Avec le recul, je vois bien que je ne comprenais probablement pas toutes les subtilités de l’esprit du jeu.
Mais peu importe. J’avais mon propre jeu de rôle.
Et quelque chose venait de commencer.
De Pendragon à L’Appel de Cthulhu
Ensuite, j’ai acheté Pendragon.
Le jeu de rôle ultime pour celui qui aime le cycle arthurien.
J'ai plus souvent été MJ que joueur. Je remodelait le cycle. Avec certaines parties dont mes joueurs se souviennent, trente ans plus tard...
Allez petite anecdote d'auteur. Je ne doute pas que certains d'entre vous ont commandé La Geste de SouffrePrince, sortie il y a 15 jours, aux Éditions Assyelle.
Et bien l'un des personnage, Hurlanc est totu dorit tiré d'un PNJ de Pendragon. Que j'ai crée trois décennies auparavant... Quand je dis que ça marque.
Soit, Pendragon : Une folie. Les chevaliers, les quêtes, les lignées familiales, l’honneur, les passions, la gloire… Et bien sûr, les extensions.
Parce qu’on ne se contentait jamais du livre de base. Il fallait toujours aller un peu plus loin, découvrir une nouvelle région, une nouvelle époque ou une nouvelle manière de ruiner la vie de nos personnages.
Après cela, les jeux de rôle se sont accumulés.
- Hawkmoon.
- Ars Magica.
- RuneQuest.
- James Bond 007.
- Star Wars D6.
- L’Appel de Cthulhu.
- Elric ( Stormbringer)
- Kult.
- Mutant Chronicles.
- Les Secrets de la Septième Mer, dont j’ai possédé presque toute la gamme.
- Mournbalde
Une pure tuerie.
Et j’en oublie énormément, mais tellement ...
Tiens, The Witcher, par exemple, ressorti ces dernières années.
Ou encore Maléfices, plus récemment. Qui a inspiré ma saga Hauts-de-forme & Magie Noire.
À chaque jeu son univers, ses règles, ses dés et ses extensions.
Mais surtout, à chaque jeu, une nouvelle ambiance.
Vivre dans une légende arthurienne. Affronter des horreurs indicibles. Traverser l’espace. Devenir un agent secret. Incarner un mage médiéval. Explorer des mondes en ruine. Transcender le monde.
Ou mourir stupidement en ouvrant une porte que le maître du jeu nous avait pourtant fortement déconseillé d’ouvrir.
Comment le JDR influence mon écriture
Certes, aujourd’hui, je joue moins.
La vie, le travail, les familles, les obligations…
Tout cela rend les parties plus rares.
Mais je pense au jeu de rôle chaque jour.
Et probablement à chaque page que j’écris.
Cela se ressent parfois dans mes romans. Dans ma manière de construire un groupe de personnages, de créer un univers ou d’imaginer les conséquences d’un choix. Mes fiches personnages sont ce qu'elles sont... Des feuilles de persos... Tout juste si je ne leur met pas des carac...
Peut-être aussi dans mon goût pour les histoires où les personnages avancent sans savoir exactement où je vais au départ.
Quand j’écris une scène, je me demande souvent comment les personnages vont réagir. Pas simplement ce que l’histoire exige d’eux, mais ce qu’ils décideraient réellement de faire.
Mon écriture se base davantage sur l'évolution des persos, que l'histoire elle-même parfois.
C’est sans doute un vieux réflexe de rôliste.
Le jeu de rôle ne m’a jamais vraiment quitté.
Du jeu de rôle à ma première publication
Et le lien entre le jeu de rôle et mon écriture ne s’arrête pas à une simple influence.
C’est aussi grâce au JDR que j’ai été publié pour la toute première fois.
À l’époque, je jouais à Antika, le jeu de rôle de Bruno Guérin ( auteur : ANTIKA– IMPERATOR – NORMAZONE).
Je partageais sur la page Facebook du jeu les résumés de nos parties, qui formaient déjà une véritable campagne : Les Chroniques de Corinthe.
Bruno est tombé sur ces textes, les a lus, puis il m’a contacté.
C’est ainsi que Les Chroniques de Corinthe ont connu leur toute première publication dans un magazine spécialisé : Les Chroniques d’Altaride.
Ma première publication OFFICIELLE !! (2014)
Pas après avoir envoyé un manuscrit à une maison d’édition. Mais simplement parce qu’un auteur de jeu de rôle avait lu les résumés des aventures que je partageais après nos parties et qu’il y avait vu quelque chose.
Une campagne jouée entre amis était devenue un texte publié.
Je trouve que la boucle est belle.
Merci Bruno.
Le jeu de rôle m’avait déjà donné des univers, des personnages et l’envie d’écrire. Cette fois, il venait aussi de m’ouvrir la toute première porte.
Et des années plus tard, Les Chroniques de Corinthe sont toujours là et sont devenues un suplément d'ANTIKA.
Belle histoire, non ?
Les mêmes joueurs, trente ans plus tard
À une époque compliquée de ma vie, notamment durant la puberté, je n’avais que deux véritables bons amis.
Alors, nous jouions... Puis le groupe s’est agrandi.
Et aujourd’hui, je joue encore avec les mêmes gars qu’il y a trente ans.
Moins souvent, bien sûr. Mais ce sont fichetrement les mêmes...
Cette amitié-là est puissante. Elle a été prouvée maintes fois, bien au-delà d’une table de jeu. L’un d’eux est même devenu le parrain d’une de mes filles.
Nous avons grandi.
De l’eau est passée sous les ponts depuis nos premières parties.
Nous nous connaissons désormais par cœur. Nous savons celui qui va négocier, celui qui va foncer, celui qui se méfiera de tout et celui qui touchera quand même l’objet manifestement maudit posé au milieu de la pièce (cétait souvent moi).
Et pourtant, lorsque nous nous retrouvons autour d’une table, le plaisir reste le même.
Six rôlistes dans neuf mètres carrés
Nous avons joué dans des cafés et dans nos chambres respectifs.
Parfois à six dans neuf mètres carrés. Imaginez juste si quelqu'un ouvre la porte... C'est une autre dimension !!
Avec les feuilles de personnages posées comme on pouvait, les dés roulant sous les meubles, les verres dangereusement proches des livres et quelqu’un obligé de se lever chaque fois qu’un autre voulait sortir. Des dizaine de tonnes de paquet de café...
Nous avons joué à une période où notre rapport aux autres était parfois compliqué.
Nous n’étions pas dans le moule de cette société. Nous ne le sommes pas plus maintenant.
Aucun de nous.
Nous avions sans doute chacun notre manière de nous sentir à côté. Trop rêveurs, trop timides, trop étranges, trop passionnés par des choses qui n’intéressaient pas forcément ceux qui appartenaient au troupeau.
Mais autour de cette table, tout cela disparaissait.
Il y avait une forme de communion.
La communion du D10, du D20 et du D6.
Et du D4.
D’ailleurs, avez-vous déjà marché pieds nus sur un D4 tombé de la table ?
Ceux qui savent savent.
Le jeu de rôle m’a sauvé
Je pourrais simplement parler des univers, des livres et des dés, comme autant de colifichets protecteurs.
Mais ce ne serait pas toute la vérité.
Parce qu’à certains moments de ma vie, le jeu de rôle a été bien davantage qu’un loisir.
Il y a eu cette époque où j’étais à peine un pied au-dessus de la dépression.
Et le jeu était là.
Les rendez-vous, les aventures, les personnages, les éclats de rire. La possibilité de quitter le réel pendant quelques heures sans pour autant être seul.
Le JDR m’a donné mes meilleurs amis.
Il m’a donné le rêve et le goût de créer des univers et d'y raconter des histoires.
Il m’a probablement donné l’envie d’écrire.
Alors oui, je vais employer les grands mots.
Le jeu de rôle m’a sauvé.
Et près de quarante ans après ce premier « jeu drôle », je n’ai toujours pas fini de lui dire merci.
Et si j’écrivais mon propre jeu de rôle ?
Depuis quelque temps, une idée me poursuit.
Écrire mon propre jeu de rôle.
Un JDR qui se déroulerait dans l’un de mes univers. Avec ses règles, ses personnages, ses dangers, ses secrets et suffisamment de voiles inquiétants pour que les joueurs aient envie de regarder derrière, malgré tout.
Mais lequel de mes univers verriez-vous adapté en jeu de rôle ?
Alden Clerval, avec sa fantasy urbaine contemporaine, ses jeux de miroirs, ses âmes et les mystères de St. Dunstan ?
La Geste de Souffreprince, avec sa dark fantasy, sa violence et ses thématiques adultes ?
Je vous invite réellement à me répondre.
Vous pouvez m’écrire à l’adresse suivante :
Ou me contacter directement sur Instagram ou Facebook.
Alors, dites-moi…
Dans lequel de mes univers aimeriez-vous lancer les dés ?
Pour en savoir plus :
https://rancier.carrd.co