En ULIS, la question des devoirs est régulièrement soulevée...
Dans mes premières années sur le dispositif, je n'en donnais pas : gestion trop difficile avec les multi-niveaux, difficulté à noter les devoirs sur le cahier de texte, obstacles liés à la capacité des parents à accompagner ce temps à la maison... Le rapport coût / bénéfice ne me paraissait pas très intéressant.
Et puis, il y a eu le confinement... Il nous a fallu, à tous, être créatifs pour maintenir le lien, faire travailler nos élèves à la maison pour préserver les acquis et peut être même continuer à les faire progresser. Avec le recul, cette période a réellement marqué un tournant dans ma pratique. L'autonomie est passée au centre de mes préoccupations. Il fallait développer des supports, des outils, permettant aux élèves d'avancer "seuls", et dans la bonne direction qui plus est. J'ai également été agréablement surprise de l'implication, de la volonté des parents de bien faire et de leur satisfaction à prendre part aux apprentissages de leurs enfants. Cette période a, dans mon cas, permis de créer un vrai lien, et renforcé le partenariat avec les familles. Au retour à la normale, je ne voulais pas perdre cette avancée et c'est ce qui m'a poussé à réfléchir à un fonctionnement qui ne soit pas trop lourd au quotidien, pour moi comme pour les enfants et leurs familles.
Alors, après plusieurs semaines d'intense cogitation, j'ai mis au point mes premières leçons et mini-fiches d'exercices à la maison. Je vous livre ici le fonctionnement adopté il y a maintenant 5 ans, peaufiné au fil des années et que je n'abandonnerai maintenant pour rien au monde !
Les enfants ont deux cahiers : un cahier bleu (couleur officielle des maths de la Ressourçothèque !) et un cahier jaune pour le français (couleur officielle du français !). Le mardi soir, ils repartent avec le cahier de maths et le vendredi soir, c'est le cahier de français. Les devoirs écrits (la petite fiche blanche ci-dessous) ne sont pas obligatoires, mais la lecture / l'apprentissage de la leçon, elle, l'est.
Je précise (lors du premier rendez-vous avec les parents) que les devoirs à la maison ne doivent absolument pas devenir une corvée, un moment pénible, mais que je les vois comme un moment de partage dont l'objectif est "de rendre votre enfant content et fier de vous montrer ce qu’il fait et apprend à l’école". Je sais que ce n'est pas évident pour tous, mais globalement cela se passe plutôt très bien !

Lors de la découverte de la notion, je (ou ma super AESH) colle la trace écrite dans le cahier de devoirs et la mini-fiche d'exercice (A) au dessous. La semaine suivante, ou 15 jours après, la mini-fiche (B) est collée par dessus (grâce à un petit morceau de double face dans le coin haut/gauche). Quelques semaines plus tard, c'est au tour de la mini-fiche (C).
Le marque-page permet de retrouver facilement la leçon à voir ou à revoir car, vous l'aurez compris, l'élève ne travaille pas systématiquement sur la dernière page de son cahier mais revient régulièrement quelques pages en arrière !
Pas de devoirs à écrire sur un cahier de texte, donc, c'est totalement ritualisé : les élèves (et parents) savent que pour jeudi, il y a des maths et pour lundi, du français. Ce n'est qu'en cas d'absence de devoirs que l'on note un "Pas de devoirs exceptionnellement cette semaine" (et dans ce sens là, c'est nettement moins chronophage !)
En plus d'une gestion "allégée" côté enseignant et enfant/famille, ce fonctionnement encourage le rebrassage des notions sur plusieurs semaines, favorisant ainsi une mémorisation à long terme. L'impression de la leçon sur un papier bleu (pour les maths) ou jaune (pour le français) favorise la clarté cognitive, les élèves savent très rapidement de quelle matière il s'agit, ce qu'ils doivent lire / apprendre et ce qu'ils doivent faire (la consigne coule de source!).
Pour la lecture (apprentissage du code), il s'agit d'un autre cahier jaune avec un fonctionnement un peu particulier que je ne manquerai pas de vous faire découvrir si cela vous intéresse !
Mon bilan après 5 ans de fonctionnement : les parents sont (généralement) en demande, les enfants (globalement) adhèrent (et adorent même : ils me réclament le cahier si j'ai le malheur d'oublier, c'est bon signe), et moi... j'ai trouvé mon rythme de croisière !
Et... ça roule plutôt pas mal !
Alors... ? Prêt(e)s à tenter l'expérience ?
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