Le Dix neuvième Manoir
Éloignés des préoccupations du bourg le plus proche, Younès et Afifa élèvent un troupeau de chèvres. Les chevriers mènent une vie paisible, si ce n’est qu’à chaque accouchement Afifa perd son enfant. Malgré ce mauvais sort, ils demeurent fidèles à leur devoir, élevant leur troupeau sur une steppe semi-aride. Hélas, le cheptel se rabougrit comme peau de chagrin, manquant de nouvelles chevrettes prêtes à mettre au jour de nouveaux chevreaux. Alors Younès, se décide à prendre la piste en direction de vertes steppes, en ce lieu où pâture un troupeau sauvage de chèvres. Mais, le destin n’est jamais très loin, à toujours rebattre ses cartes !
Extrait :
Une larme dévala la courbure de sa pommette. Le regard de Younès s’attarda sur le teint rubescent de la peau cuivrée de son épouse, causé par la chute des températures, et d’une grande affliction liée à son départ du foyer. Puis la goutte poursuivit sa course sur son cou fluet, pour finir de s’échouer dans sa poitrine généreuse, sous l’étoffe de sa tunique parée de coquillages pour l’occasion. Afifa se retint de sangloter, alors que le chagrin de la séparation s’agriffait déjà à son cœur. Ses yeux embrumés brouillèrent sa vision, tout en caressant d’une main fébrile le visage rude de son époux.
— Ma douce colombe, dit-il, tout en caressant sa joue embrumée par les larmes, je serai absent trois ou quatre jours ; le temps que je puisse, enfin, capturer une chevrette sauvage, afin de sortir vaillamment de cette épreuve, que les dieux ont décidé de nous infliger dans le dessein de tester notre foi, émit-il, tout en jetant un regard complice en direction de son chien… Il embrassa avec tendresse son front plissé par l’angoisse du départ et les affres à venir de la viduité. Afifa redressa son port de tête, essuya d’un revers de manche sa joue embuée puis émit un sourire fugace, à l’adresse de son époux. Deux mèches taquines virevoltèrent autour de leur visage complice, échappées du chignon par un vent taquin.
Les halos écrasants des deux bulbes cosmiques – d’un héraldique bleu turquoise –, réchauffaient leur profil encore sous le joug de la jeunesse ; les deux jets de matière gazeuse nimbaient leur tête de deux halos d’un bleu chatoyant, sous le regard sévère de l’œil sombre du dieu Sagittarius – le trou noir central de la Voie lactée. Le drapé céleste de l’Amas de l’Arche dévoilait sa parure d’étoiles scintillantes, ceignant d’un faste flamboyant l’horizon des évènements du trou noir de la galaxie. Le ciel de la planète Annucel était constamment éclairé d’un firmament étincelant, de jour comme de nuit, offrant aux communs des mortels la jouissance de contempler les yeux de Dieu.
TARIF : 1.18 (hors taxe)
SOUS FORMATS PDF ET EPUB.