La Tombe d'Hestia
La tombe d'Hestia
Durant la 1513e olympiade, le monarque Acrisios, roi de la Nouvelle-Argos, régnait sur la coalition hellénique d’une main de fer… Mais la pythonisse de Delphes prophétisa sa mort par les mains de son petit-fils. Alors Acrisios prit les devants et enferma Danaé, sa fille, dans une forteresse pénitentiaire placée sur une orbite géostationnaire, au-dessus de la puissante Argos… Danaé et son fils Persée semblaient perdus à jamais, mais Zeus Olumpios – le maître de l’Olympe – avait décidé de mettre un terme au trône du potentat…
Libre adaptation du mythe de Persée, “La tombe d’Hestia” reflète la condition familiale de la dynastie des Atrides, ballottée par des intrigues de couloirs, des sentiments de haine envers sa parenté, où le jeu du pouvoir expose le foyer à toutes les tentations délétères que mène l’autocratie…
Texte complet.
Passionné d’histoire et de mythologie, Patrice Martinez nous livre ici sa passion intacte pour une civilisation qui nous a tant donnés ; son écriture nous révèle combien les tribus de l’Hellade avaient cette soif de vivre en commun et de s’unir contre l’adversité. À l’orée de la “Democratia”, le peuple de Athéna et d’Ulysse dévoila cette œuvre future, toujours sur le fil du rasoir, qu’est la démocratie !
Extrait : PROLOGUE
La planète Terre n'était plus qu'un astre mort, éventrée, dépouillée de ses ressources énergétiques et anéantie par les conflits récurrents entre la coalition des Hellènes et les tribus médo-perses. À des milliards de stades de là, l’Empire de l'Hellade sillonnait un nouveau monde, le Léthé – la galaxie où baignent Déméter et son soleil Phébus –, et colonisait des systèmes solaires viables, sans âmes ou peuplés d'autochtones, en s'imposant par une permanence de tribus grecques. Chaque système planétaire était pourvu de cités, dotées d’une république ou d’une aristocratie à dominante oligarchique.
Durant la 1513e olympiade, le monarque Acrisios, roi d'Argos, régnait sur la coalition hellénique d'une main de fer... mais Zeus Olumpios – le maître de l'Olympe – avait décidé de mettre un terme à son trône...
L'ennemi vient toujours de l'intérieur
Au sein de la galaxie du Léthé, le drapé céleste des nymphes Ouranies déployait sa parure étoilée. Soudain un vaisseau d’attaque perse pénétra le domaine spatial des Hellènes... Le chasseur de combat explosa dans une gerbe étincelante et se désintégra, ne laissant de sa brève existence qu'un monceau de débris divaguer dans le vide interstellaire – l’onde de choc se propagea sur quelques stades, avant de se décomposer par la grâce du champ protecteur immatériel.
Le monarque Acrisios se retourna vers son cousin, le magistrat Cinésias, le visage barré d’un sourire radieux :
– “À la guerre, l’occasion n’attend pas !” aphorisme de Thucydide l’Athénien, énonça le roi de la Nouvelle Argos et de Sparte. Puis le plus grand des stratèges bomba le torse ; une simple manière de se réconforter après cette démonstration martiale de grande envergure.
– Votre bouclier a bien fonctionné, Seigneur Acrisios.
– Vous en doutiez ? Le bouclier Peltè est bien plus qu’un simple champ de force. Il a fallu déployer toute une escouade de chercheurs, physiciens et techniciens talentueux pour mener à bien cette grande aventure spatiale. Le bouclier Peltè n’est pas seulement qu’un blindage contre la force perse, mais une protection contre des risques de collisions issus des aérolithes errant le long du corridor de l’Hellespont. Dorénavant, la maison d’Atrée est en sécurité…
De son pouce bagué, le sénateur Cinésias caressa le relief tourmenté du pommeau, qu'il agrippa d'une main ferme. Le teint blafard du politicien contrastait avec le rouge cramoisi de sa toge. Les éraflures du thyrse, localisées sur le troisième œil de l’effigie olympien, avaient entamé le portrait de Zeus Patrôos, gravé à même le pommeau de gemme rare. Le cabochon recelait en son cœur un trésor particulier : des capsules d’opiacés y étaient cloîtrées, un secours analgésique pour le propriétaire du porteur de hampe. Les affres de la douleur pouvaient survenir n’importe quand, et même la puissante Corporation médicale Asklépios baissait les bras devant sa maladie. La tumeur du pancréas progressait lentement et affaiblissait peu à peu ses fonctions vitales mais cela n’empêchait pas le sénateur d’assister à cet événement majeur : la mise en branle de la couverture spatiale Peltè !
Le roi d’Argos et de Sparte manda le capitaine Ménon, commandant du vaisseau amiral l’Antipatros :
– Nous rentrons chez nous, Capitaine !
Tarif 2.20 (hors taxe)
SOUS FORMATS PDF ET EPUB.