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Baaz des Steppes

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Rattrapé par une tempête de sable, le jeune gredin Baaz s’empressait de fuir la cité de Larsa, située sur le croissant fertile mésopotamien, échappant de peu à une escouade de fins limiers ayant en charge à le ramener illico vers les tréteaux de la Justice. Après s’être cogné contre le fût d’un antique temple dédié à la déesse Inanna, il recouvra conscience dans les mains d’Ester, une jeune femme de la puissante Ur. Alors qu’elle prit soin de le panser, le voleur fit connaissance de son frère Touma, se portant garant de la probité d’âme de sa sœur. Et malgré leurs caractères antagonistes, ils finirent au fil du temps par composer une synergie commune, par la grâce de similaires accointances. Mais son passé le rattrapa, sous l’avatar du capitaine Aziz ayant décidé de placer le voleur sous les verrous. Baaz ne fit que passer quelques heures dans l’austère bâtisse de la garde royale de Ur, car par décret royal, le vizir Farid décida d’installer le gredin au logis du humble et vieux mage Batnaya, dont l’esprit vacillait et délirait au fil des âges…


Baaz appréciait la compagnie de l’étrange haruspice, dont ses facéties et ses étranges soliloques légitimaient qu’il avait un esprit dérangé. Le jeune aigrefin fut ensuite engagé dans l’équipe du contremaître Abdul Rahim. Du soir au matin, Baaz devait réfectionner les claies recevant les bottes d’épis de blé et d’orge des cultures céréalières, s’étendant au pied de l’imposante ziggourat de Ur ; hélas les jours de quiétude ne durèrent que quelques semaines, car le capitaine des gardes revint à la charge et envoya Baaz dans la demeure d’un riche bourgeois, sans qu’il connût la raison de cette relégation dans le sublime domicile du nanti.

Cependant, l’existence de Baaz était vouée à un fatum bien plus terrible qu’il ne le soupçonnait, car une éclipse majeure de la Lune allait bousculer l’ordre du monde, ainsi que le sien.


Extrait :

 Sous les coups de boutoir des bourrasques impétueuses, des fumerolles de sable et de poussière se soulevaient du sol en essaims de grains siliceux, sur un ciel déjà plombé par de sombres nuées. La tempête menaçait cette région de Mésopotamie, dont on disait qu’elle formait un croissant fertile que nombre de peuplades convoitaient afin de poser leurs pénates en ces terres fertiles. Maintes conquêtes s’établirent en ces lieux, enclavés par le désert, puis périrent sous les affrontements des fantassins, qu’ils soient issus de Babylone, de Ninive, de Sumer ou de la puissante Égypte… Néanmoins, que cela soit des apatrides ou des ressortissants d’autres cités-États, ils se satisfirent des conditions climatiques et politiques du coin, faisant profil bas dès qu’un colon plus sanguinaire qu’un autre faisait main basse sur ces terres arables, afin de profiter de ce que mère Nature offrait de ce qu’il y a de meilleur sur ce sol enclavé entre le Tigre et l’Euphrate. Un disque solaire blafard montait à l’assaut d’un ciel mourant ; tant une tempête enragée flagellait de nuées de sable le panorama grandiose de ce bassin alluvial.


La vue ne portait qu’à une dizaine de pas, le vent cinglant en rafales sur les monticules de roches saillant du drapé onduleux du sol, les grains de silice modelant au fil des saisons la surface des écueils noirs affleurant le brocart instable du modelé désertique. L’échine voûtée d’un homme affrontait les turbulences venteuses, issues du septentrion1 ; l’ample tenue trépignait face à la tempête, provoquant des replis flottant sur son souffle ardent. Le sol s’échappait de temps à autre à ses pas hésitant, lorsque ses pieds dévalaient un raidillon particulièrement abrupt ou qu’il empruntait un terrain mouvant, les jointures et les petons perdant leur équilibre précaire ; Baaz était rompu par tant de filatures qu’il n’avait pensé à les chiffrer, tant elles furent nombreuses. Son regard sombre pointait vers un repère irréel, qu’il s’est forgé à procréer dans l’antre de son esprit embrumé par la fatigue, la face rougie affrontant la colère du dieu Adad, la divinité des ouragans.


Soudain, il chavira comme une coquille de noix bravant les colères de la mer, lorsque son peton achoppa un obstacle imprévu. Le crâne du jeune aventurier cogna contre la saillie d’un édifice qu’il n’avait pas appréhendé, tant la vision y était restreinte ; dans son regard enténébré par la violence du choc, il entraperçut l’arrondi du fût endommagé d’un temple, puis il sombra dans les bras de Morphée.


1 D’un vent du nord.



Passionné par les nombreuses mythologies peuplant le monde, Patrice Martinez emporte le lecteur.trice dans un maelstrom uchronique, où l’espace-temps révèle la majesté de la ziggourat de la cité-État de Ur. Une formidable aventure vous attend dans l’antique Mésopotamie.


Tarif : 2,50 (hors taxe).


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