1911 - Après Montjoie II - Apolline et Elise: Une histoire d'en même temps
Dans la continuité de Montjoie, Apolline et Élise ont repris leur vie à Saint-Mandé, sous les formes rassurantes de la bienséance. Officiellement, Élise occupe toujours une chambre au bout du couloir. En réalité, cette chambre demeure presque inutile, entretenue pour sauver les apparences, tandis que leur intimité s’est installée ailleurs, plus tendre, plus nette, mais aussi plus fragile.
Depuis Montjoie, pourtant, un mot revient entre elles comme une plaisanterie trop commode : « en même temps ». Apolline s’en sert pour taquiner Élise, pour garder l’avantage, pour transformer en jeu ce qui l’a troublée. Mais à force de revenir, la formule finit par révéler autre chose : non plus seulement le souvenir d’une audace passée, mais une question plus profonde sur ce que chacune donne, reçoit, refuse ou n’ose pas encore nommer.
Dans un appartement bourgeois où tout semble à sa place — les fleurs, les lettres, la chambre prête, le linge bien tiré — un déséquilibre minuscule suffit à déplacer les rôles. Élise ne veut plus seulement rougir. Apolline ne peut plus seulement commenter. Entre elles, la tendresse devient épreuve, la pudeur devient langage, et ce qui paraissait acquis demande soudain à être recommencé autrement.
Une histoire d’en même temps prolonge Montjoie dans un registre plus intime : celui d’un couple qui découvre que le désir ne se résume pas à franchir un seuil, mais à comprendre, après coup, ce que ce seuil a changé.