Les Bidonvilles Portugais
Champigny, Nanterre, Saint-Denis — au milieu des années 60, des dizaines de milliers de Portugais vivent dans des bidonvilles aux portes de Paris. Ils ont fui la dictature de Salazar, la guerre coloniale, la misère, traversant parfois les Pyrénées à pied et de nuit pour rejoindre un pays dont ils ne parlaient pas la langue.
Dans ces baraques de planches et de tôle, sans eau courante, sans électricité, la boue jusqu’aux chevilles dès qu’il pleut, ils ont fait bien plus que survivre : ils ont recréé, pièce par pièce, le village qu’ils avaient quitté. Une épicerie où l’on trouvait la morue salée. Un café où les hommes écoutaient le football portugais sur une radio grésillante. Une chapelle de fortune pour les baptêmes et les mariages. Les surnoms d’avant, ceux que seuls les voisins de toujours connaissent.
Leurs enfants, eux, grandissaient entre deux mondes qui ne se touchaient presque jamais — le français à l’école, le portugais dès le seuil du bidonville franchi.
Ce récit raconte cette histoire trop souvent oubliée : celle d’une génération qui a attendu, parfois dix ans, le droit d’exister pleinement dans le pays qu’elle avait choisi. Une salle d’attente immense, où l’on a préservé, envers et contre tout, sa dignité.
Une histoire racontée sans misérabilisme ni folklore — pour comprendre, et pour transmettre.
Fichier livre audio narré accompagné par une musique de fond, environ 7 minutes.