La relation chat - humain : Mécanismes d'une communication interspécifique - Charlotte de MOUZON
La relation chat - humain : mécanismes d’une communication interspécifique
Charlotte de MOUZON, docteur en éthologie et consultante en comportement du chat.
Au cours des dernières décennies, un tournant majeur s’est opéré pour le chat, qui, de chasseur de rongeurs vivant dans les granges, est devenu un compagnon avec lequel nous partageons l’intimité de nos foyers. Aujourd’hui, beaucoup d’humains considèrent leurs compagnons non-humains comme des membres de la famille à part entière, voire comme leurs enfants. Après des milliers d’années de vie « côte à côte », cette rapide évolution a eu des répercussions sur les comportements du chat, mais surtout sur sa relation avec l’humain, pour qui il est devenu un être d’attachement. Au sein d’un environnement souvent imposé par l’humain, il paraît important d’éviter de dévier vers des dérives anthropomorphiques trop poussées. Le chat reste une espèce à part entière, avec des besoins et des comportements qui lui sont propres, et qui sont encore largement inexplorés dans leur dimension scientifique.
L’évolution du lien entre les chats et les humains, s’accompagne du développement d’une communication interspécifique particulière. La recherche doit suivre cette évolution et s’attacher à explorer les mécanismes des relations qui se construisent entre ces deux espèces différentes amenées à cohabiter. Les travaux présentés ici sont principalement centrés sur la communication vocale et visuelle entre l’humain et le chat. Soucieux d’explorer aussi bien la perspective de l’humain que celle du chat, nous avons étudié la façon dont chacun s’exprime et décode les messages de l’autre. Ainsi, nous nous sommes intéressés, tour à tour, à l’humain et au chat en tant qu’émetteur et récepteur de la communication. Cette approche a donné lieu à quatre études distinctes, qui seront présentées lors de cette intervention. Si les chats sont plutôt bons pour nous comprendre, nous verrons que l’inverse n’est pas toujours vrai. Une meilleure compréhension des chats paraît essentielle dans une perspective d’optimisation du bien-être animal.