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La Geste du Paladin Errant

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 Présentation la geste du paladin errant


Il était un royaume soumis aux démons de la reine des enfers Ereshkigal. Les cités tombaient aux mains de l’ennemi l’une après l’autre, mais le plus valeureux des paladins se remit en selle, après une déconfiture lors de la célèbre bataille du cirque de la Griffe. Sous l’appel implorant du roi de Sumer et de son peuple, on n’attendait qu’un signe du paladin afin de mettre un terme à l’invasion des démons Gallu. Aidé de son fidèle destrier Anzû, Mandaru se dirigea vers l’antique cité de Dur-katlimmu.

Qu’adviendra-t-il du royaume du roi Ubar Tutu, si les troupes de Sumer périssent sous l’assaut de la terrible reine Ereshkigal ?



Extrait : L’esprit du dieu Enlil soufflait au-dessus de la falaise, apportant des nuées de sable issues des sombres contrées du ponant ; les bourrasques – mesurées pour l’instant –, léchaient les parois abruptes du cirque naturel de la Griffe, érodant au fil du temps la roche calcaire d’un ocre rouge provoquant. Le site karstique se parait de teintes chaudes ; des tons jaunâtres aux nuancés de teintes cuivrés, de camaïeu de rouge jusqu’au sombre acajou, réchauffaient le drapé de parois surplombant la vaste plaine enclavée entre ces replis rocheux, où l’on pouvait enlacer d’un seul regard la magnificence de la nature. Le soleil brillait par intermittence, son disque de platine camouflé par quelques nuées sillonnant un ciel azuréen. Les nuages filaient comme un troupeau de chameaux surpris par une meute de chiens.

Un point, tout d’abord infime, garnissait le rebord du plateau des Mille Fleurs, planté aux abords même de l’escarpement rocheux d’où l’on pouvait y admirer la vaste langue de steppes se prolongeant jusqu’au seuil du cirque de la Griffe, dont les deux pans semblaient vouloir se rejoindre dans un effort cyclopéen, hélas verrouillé par le dieu des Cieux Kumarbi. En fond de ce décor minéral, on apercevait le désert se profilant jusqu’à l’horizon, les crêtes dorées des dunes prenant des allures de monstres cyclopéens engloutis par le linceul siliceux du désert, des fumerolles de sable tourbillonnant comme des démons sur leurs échines poudreuses.

Le regard du dieu Enlil s’approcha de cet aiguillon d’un bleu intense, son esprit naviguant sur le filet de l’Espace-Temps… L’image grossit, permettant d’affiner les éléments étrangers venant encombrer cette encoche d’un bleu indigo. Et tout en plongeant vers la silhouette, posée à même la roche, sa forme précisait ses contours, clarifiant la moindre partie de sa morphologie : l’homme était installé en position du lotus, le drapé de sa tunique bleu indigo flottant sur les courants récurrents du vent. Sa chevelure d’ébène, ramenée en arrière, portait le ruban rouge cramoisi de la caste des mercenaires, ceignant son front d’une bande étroite, sous les quelques mèches ondulant sous les assauts des courants aériens. L’œil divin – indiscernable au regard du mortel –, s’attarda un bref instant sur la corpulence de Mandaru, son esprit plongé en état de méditation profonde, puis l’esprit du dieu reprit sa course, effleurant le vaste plateau des Mille Fleurs de son souffle éthéré.

Il était immergé en un insondable état intérieur ; en ce lieu où l’esprit de ses grands maîtres resurgissait des profondeurs du Monde-d’en-Bas, afin d’apporter à leur élève la raison du Juste et du Beau. Le chevalier errant venait des confins de ces terres, où les hommes combattent le mal, sous quelques formes que ce soit. En cet instant, il partageait les connaissances et les secrets de ses illustres ancêtres, afin de poursuivre le combat qu’il mena alors qu’il n’était qu’un novice au service de son mentor Dudu. Les éléments semblaient se déchaîner, la puissance du vent s’amplifiant d’une vigueur inaccoutumée pour la région. La chevelure du paladin paraissait mener une vie propre : les mèches folles s’agitaient sous les rafales du vent, prenant des aspects de crotales sous son chant rugissant, alors que sa barbe luxuriante reposait sur son large poitrail.


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