On entend parfois des phrases frappantes comme : « La plainte serait la louange du diable ». L’intention derrière ce genre de formule est sans doute d’avertir contre le danger de s’enfermer dans le négatif. Mais, en réalité, ces paroles peuvent donner l’impression qu’il faudrait bannir toute plainte, comme si elle était toujours mauvaise ou interdite.
Quand la plainte devient un signal
La plainte surgit quand quelque chose ne nous convient pas, ne correspond pas à nos attentes, à nos valeurs ou à nos besoins. Elle provient d’un cœur insatisfait, mais cette insatisfaction peut être un signal précieux :
- un besoin ignoré,
- une limite franchie,
- une valeur bafouée.
Comme un voyant lumineux sur le tableau de bord de notre voiture, la plainte peut nous alerter : “Quelque chose ne va pas. Prête attention.”
Le danger de la répression
Le problème, ce n’est pas la plainte en soi. Le problème, c’est quand on la considère automatiquement comme un péché et qu’on essaie de l’écraser. Alors, au lieu d’écouter ce que notre cœur exprime, on refoule. Résultat : la frustration s’accumule et la plainte finit par grandir intérieurement, parce que le problème de fond n’a jamais été réglé.
La Bible et les plaintes
Si on lit les Psaumes, on remarque que David et d’autres auteurs se plaignent souvent :
- Ils expriment leur douleur, leur incompréhension, leur découragement.
- Mais ces plaintes deviennent des prières qui ouvrent la voie à la confiance et à la louange.
Autrement dit, Dieu n’a jamais demandé qu’on cache nos plaintes. Au contraire, il veut qu’on les dépose devant Lui.
Transformer la plainte en chemin de foi
La plainte peut devenir un point de départ :
- vers la prière,
- vers des actions concrètes pour changer ce qui peut l’être,
- vers la reconnaissance pour ce qui est déjà là,
- vers un contentement qui n’est pas résignation, mais confiance.
C’est ce mouvement qui transforme la plainte en croissance spirituelle.
Quand la plainte devient un piège
Bien sûr, rester enfermé dans la plainte sans jamais avancer peut mener à une spirale négative : amertume, défaitisme, paralysie. C’est là que la plainte perd son rôle d’alliée et devient un poids.
En conclusion
La plainte n’est pas “la louange du diable”. Elle est d’abord une invitation à écouter notre cœur, à remettre nos blessures et nos frustrations entre les mains de Dieu, puis à choisir une réponse de foi.
Alors la prochaine fois que tu ressens une plainte monter en toi, demande-toi :
- Que m’indique-t-elle sur mes besoins ou mes valeurs ?
- Est-ce que je peux en parler à Dieu avec sincérité ?
- Quelle action de foi ou de reconnaissance pourrais-je poser aujourd’hui ?
La plainte, bien utilisée, peut devenir le premier pas vers la transformation intérieure et la louange véritable.