Panier d'achat
Loading
Judith Gautier

Judith Gautier, une vie d’inspirations

Moins célèbre que son père Théophile, Judith multiplie les talents et inspire les artistes : littérature, musique et peinture.


Louise Charlotte Ernestine Gautier, dite Judith Gautier, naît le 25 août 1845. Elle passe sa petite enfance dans une liberté quasi-absolue, sous la surveillance d’une nourrice à sa dévotion, qui ne lui rendent que plus pesant son internat en pensionnat. Enfin, son père la fait venir auprès de lui et de sa plus jeune sœur, Estelle. Judith montre des talents originaux, et fait la connaissance des amis paternels – parmi lesquels Théodore de Banville, Gustave Flaubert, Edmond de Goncourt, Charles Baudelaire, Champfleury, Arsène Houssaye, Gustave Doré… Elle fait des ravages dans ce milieu et un prince persan la poursuit de ses assiduités.

À 17 ans, lors de l’exposition universelle de Londres en 1862, Judith rencontre le Japon, sa littérature et sa peinture.

Elle tombe amoureuse de Catulle Mendès, un écrivain, jeune, séduisant et talentueux. Leur histoire d’amour et leur projet de mariage déplaît à Théophile Gautier, ce qui entraîne la séparation des parents de Judith. Le père a enquêté sur Catulle Mendès et craint que l’union n’apporte que le malheur à sa fille. Le mariage a lieu, sans la présence paternelle, en 1866.

À l’été 1869, Judith et Catulle rendent visite à Richard Wagner. On dit qu’elle inspire à Wagner les "filles-fleurs" de Parsifal et qu’il écrit près d’elle le troisième acte de Siegried. Elle devient une habituée de Bayreuth, enseignant au maître les subtilités des mystiques orientaux. Plusieurs années plus tard, Judith fascine Victor Hugo, revenu en France ; il écrit en son honneur un de ses rares sonnets. Après la mort de Théophile Gautier en 1872, elle devient sa maîtresse. Elle subjugue aussi Jean Lorrain, rencontré lors de vacances à Fécamp.

La première contribution de Judith à la littérature est un article sur la traduction française d’Eureka, d’Edgar Poe, par Baudelaire. Ce dernier est bouleversé par l’article de Judith. Théophile Gautier recueille un jour un lettré chinois du nom de Ding Dunling, réfugié politique en France. Avec lui, Judith apprend la langue chinoise, la civilisation et la littérature de l’Empire du Milieu. À vingt-deux ans, elle publie Le Livre de Jade, une collection d’anciens poèmes chinois ; ce livre lui assure un succès auprès des lettrés de l’époque. Judith atteint un succès encore plus éclatant avec ses deux premiers romans, Le Dragon impérial (1869) et L’Usurpateur (1875). À la fin des années 1870, son troisième roman, Lucienne retient moins l’attention : il se passe en France et non plus dans un cadre oriental !

Elle publie ensuite plusieurs recueils d’articles et de contes, la nouvelle, Isoline, plusieurs romans, des poèmes traduits du japonais et un certain nombre de pièces de théâtre.

Judith est très malheureuse en ménage. Les deux époux finissent séparent en 1896, et Catulle peut dès lors se livrer à sa passion pour sa maîtresse Augusta Holmès avec qui il a déjà plusieurs enfants – avant et pendant son mariage avec Judith. La pauvre femme ne prendra jamais d’autre époux, même si elle vécut en couple avec le compositeur Louis Benedictus.

En 1904, le comité du Prix Femina sollicite son adhésion. Puis elle publie des souvenirs, Le Collier des jours, Le Second rang du collier et Le Troisième rang du collier. À la même époque, elle continue de fournir un recueil de nouvelles, Le Paravent de Soie et d’or. Elle fréquente Pierre Louÿs, Joséphine Pléandan et Pierre Loti, avec lequel elle écrit une pièce de théâtre La fille du ciel, destinée à Sarah Bernardht en 1911, que la comédienne refusa de jouer.

La consécration de Judith Gautier survient en octobre 1910, elle devient la première femme à entrer à l’Académie Goncourt, succédant à Jules Renard, qui la désignait comme « une vieille outre noire, mauvaise et fielleuse, couronnée de roses comme une vache de concours ».

Le 13 avril de cette même année, elle réalise une performance dramaturgique et plastique en adaptant Une larme du diable d’après son père, sous la forme d’un spectacle à base de figurines.

Dans la dernière époque de sa vie, Judith Gautier est accompagnée d’une jeune fille toute à sa dévotion, Suzanne Meyer-Zundel, qui devient son héritière. Judith Gautier meurt, de fatigue, le 26 décembre 1917 à Saint-Énogat (35) « Le pré aux oiseaux » Une épitaphe en chinois est gravée sur la dalle de granit : « La lumière du ciel arrive… » ; cette inscription aurait été faite par Suzanne Meyer-Zundel elle-même.


Portrait : tableau de John Singer Sargent (1883-1885)

Œuvres

  • Le Livre de Jade, recueil de poèmes chinois anciens (1867), sous le pseudonyme de Judith Walter, remanié et republié en 1902
  • Le Dragon impérial, roman (1869), sous le nom de Judith Mendès.
  • L’Usurpateur, roman (1875), sous le nom de Judith Mendès et publié de nouveau en 1887 sous le titre La Sœur du soleil.
  • Lucienne, roman (1877).
  • Les Cruautés de l’amour, recueil de quatre nouvelles (1879)
  • Les Peuples étranges, recueil d’articles sur la Chine (1879)
  • Le Ramier blanc, pièce de théâtre (1890)
  • Isoline et La fleur-serpent, et autres nouvelles (1882).
  • Richard Wagner et son œuvre poétique depuis “Rienzi” jusqu’à “Parsifal”, essai (1882).
  • La Femme de Putiphar (1885)
  • Iseult, conte (1885)
  • Poèmes de la libellule, recueil de poèmes traduits du japonais (1885)
  • La Marchande de sourires, drame en 5 actes
  • Fleurs d’Orient, contes (1893)
  • Le Vieux de la montagne, roman (1893).
  • Parsifal (1893)
  • La Barynia, pièce de théâtre (1894) en collaboration avec Joseph Gayda.
  • Iskender, histoire persane, roman (1886)
  • Le lion de la victoire et La reine de Bengale (1887)
  • Les noces de Fingal, poème (1888)
  • Le roman d’un éléphant blanc (1893)
  • La Camargo, pièce de théâtre (1893)
  • La Sonate au clair de lune, pièce de théâtre (1894)
  • Parsifal (1898)
  • Khou-en-atonou, contes (1898)
  • Une fausse conversion, pièce de théâtre d’après l’œuvre de Gautier père (inédit) (1899)
  • Les Princesses d’amour, roman (1900).
  • Le paravent de soie et d’or – recueil de nouvelles (1904)
  • Le livre de la foi nouvelle (1900)
  • Le Collier des jours, souvenirs (1904).
  • Princesses d’amour, pièce de théâtre inédite (1908)
  • Tristiane, pièce de théâtre parue en revue seulement (1910)
  • Embûche fleurie, pièce de théâtre inédite (1911)
  • L’Apsara, pièce de théâtre
  • Mlle de Maupin, pièce de théâtre d’après le roman de Gautier père (inédit)
  • En Chine, ouvrage de vulgarisation (1911)
  • Dupleix, ouvrage de vulgarisation (1912)
  • L’Inde éblouie, refonte du roman « La conquête du paradis » (1913)
  • Le Second Rang du collier, souvenirs.
  • Le Troisième Rang du collier, souvenirs (1909).
  • Poésies (1911)
  • Le roman d’un grand chanteur, roman (1912)
  • La vierge de prompt-secours, ouvrage théâtral (1912)
  • Lettres inédites de la marquise de Sévigné (1913)
  • Parsifal (1914)
  • Le Japon, ouvrage de vulgarisation (1912)
  • Les parfums de la pagode (1919), recueil de contes