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Ce qu’on fait malgré le doute ou la peur

On parle souvent de la confiance en soi comme d’une sorte de feu vert intérieur.


Un jour, après avoir suffisamment douté, réfléchi et probablement emmerdé tout le monde avec nos hésitations, quelque chose finirait par se débloquer.

On se sentirait enfin prête, suffisamment sûre de soi pour se lancer sans avoir cette petite voix qui murmure dans un coin : « Tu es certaine de ton coup, là ? »


Je ne sais pas vous, mais moi, ce moment a dû se perdre en route.

Parce qu’en y réfléchissant, certaines des choses dont je suis aujourd’hui la plus fière, je ne les ai absolument pas faites avec une confiance en moi débordante.

J’aurais même plutôt tendance à dire que j’y suis allée avec le doute confortablement installé et la peur pas très loin derrière.


Et pourtant, j’y suis allée.


C’est peut-être ça qui me gêne lorsqu’on parle de confiance en soi comme d’un préalable.

Comme s’il fallait d’abord réussir à ne plus avoir peur, régler tous ses doutes et obtenir l’autorisation officielle de son cerveau avant d’oser faire quelque chose.


Parce que si j’avais attendu ça pour me lancer dans certaines choses, je serais probablement encore en train d’attendre.

Avec un café, j’espère. Faut pas déconner non plus.


Alors je me demande si on ne regarde pas parfois le problème à l’envers.

Peut-être que la confiance ne vient pas toujours avant le premier pas.

Peut-être qu’elle arrive aussi beaucoup plus tard, quand on se retourne et qu’on réalise qu’on a traversé quelque chose qu’on ne se croyait pas forcément capable de traverser.


Pas parce qu’on n’a pas eu peur.

Mais parce qu’on l’a fait avec la peur.


Et ça change beaucoup de choses.

Parce qu’on peut continuer à douter de soi après avoir réussi.

On peut avoir déjà prouvé qu’on était capable et retrouver exactement les mêmes questions devant quelque chose de nouveau. La différence, c’est qu’on possède désormais une information que notre cerveau aura beaucoup plus de mal à contester : la dernière fois aussi, on avait peur.


Et on l’a fait quand même.


Finalement, la confiance en soi n’est peut-être pas cette assurance spectaculaire qu’on imagine parfois chez les autres.

Elle ne nous promet pas qu’on va réussir, elle ne fait pas disparaître le doute et elle n’empêche certainement pas de se prendre quelques gamelles au passage.


Elle nous laisse simplement quelques traces derrière nous.

Des moments auxquels on peut revenir quand cette fameuse petite voix recommence à demander : « Et si tu n’en étais pas capable ? »

Parce qu’à défaut de pouvoir lui répondre qu’on est certaine de réussir, on peut au moins lui rappeler quelque chose qu’elle oublie assez facilement :

« Je ne savais pas non plus si j’en étais capable la dernière fois. »


Et peut-être que la confiance en soi commence davantage là que devant un miroir à essayer de se convaincre qu’on est formidable.

Dans toutes ces choses qu’on a faites malgré le doute ou la peur.

Et qu’on oublierait presque de compter.