Bonjour mes imparfaites 💛
Aujourd'hui, je vais vous révéler un petit secret d'autrice.
Quand vous ouvrez un de mes livres, vous avez l'impression que tout est à sa place.
Les personnages semblent avoir toujours existé.
Les dialogues paraissent naturels.
Les chapitres s'enchaînent comme une évidence.
Pourtant…
Vous ne voyez qu'une toute petite partie de l'histoire.
Car avant d'arriver entre vos mains, un livre laisse derrière lui un véritable cimetière de pages.
Oui, le mot est un peu fort.
Mais je vous assure qu'il n'est pas exagéré.
Il existe des scènes que vous ne lirez jamais.
Des chapitres entiers qui ont disparu.
Des dialogues qui m'ont demandé des heures de travail… avant de finir à la corbeille.
Et, croyez-moi, ce n'est jamais facile.
Au début, je voulais tout garder.
Chaque phrase me semblait importante.
Chaque détail avait sa place.
Je me disais :
"J'y ai passé tellement de temps… je ne peux pas le supprimer."
Puis j'ai compris une chose essentielle.
Un livre n'a pas besoin de tout raconter.
Il a besoin de raconter l'essentiel.
Alors, parfois, je coupe.
Une page.
Puis deux.
Parfois dix.
Il m'arrive même de supprimer une scène que j'adore.
Pas parce qu'elle est mauvaise.
Au contraire.
Simplement parce qu'elle ralentit le rythme ou détourne l'histoire de ce qu'elle doit vraiment raconter.
C'est un peu comme préparer une valise.
On aimerait tout emporter.
Mais si on remplit le sac de choses "au cas où", il devient impossible à porter.
Pour un roman, c'est pareil.
Chaque scène doit avoir une raison d'exister.
Sinon, elle laisse sa place à une autre.
Et puis il y a les personnages.
Ah… les personnages…
Eux aussi connaissent parfois un drôle de destin.
Certains arrivent avec beaucoup d'assurance.
Ils prennent de la place.
Ils semblent indispensables.
Et quelques chapitres plus tard…
Je réalise qu'ils n'apportent finalement rien à l'histoire.
Alors ils disparaissent.
Sans bruit.
Comme s'ils n'avaient jamais existé.
Je vous rassure…
Je ressens parfois un petit pincement au cœur.
Parce qu'à force de vivre avec eux pendant des semaines, on finit par s'y attacher.
Même lorsqu'ils sont insupportables.
Il y a aussi ces dialogues.
Vous savez, ceux qui semblent si simples quand vous les lisez.
Parfois, une seule réplique peut être écrite… dix fois.
Je change un mot.
Puis un autre.
Je retire une virgule.
J'ajoute un silence.
Parce qu'un dialogue ne doit pas seulement être joli.
Il doit sonner juste.
Il doit donner l'impression que les personnages parlent vraiment.
Et quand enfin tout s'aligne…
Je souffle.
Je souris.
Je relis une dernière fois.
Et je passe à la scène suivante.
Au fond, écrire ressemble beaucoup à la vie.
On avance.
On hésite.
On fait des choix.
On laisse certaines choses derrière nous.
Pas parce qu'elles étaient mauvaises.
Mais parce qu'elles ne nous emmènent plus là où nous voulons aller.
Alors oui…
Il existe des dizaines de pages que vous ne lirez jamais.
Mais si elles ont disparu, c'est justement pour que celles qui restent puissent vous toucher davantage.
Finalement, le plus beau travail d'un auteur n'est peut-être pas d'écrire.
C'est d'avoir le courage d'effacer.
Parce qu'un livre ne devient vraiment vivant que lorsqu'il ne garde que l'essentiel.
Merci de pousser, chaque semaine, la porte de mon atelier d'écriture.
J'aime partager avec vous ces petits secrets que les livres gardent habituellement bien cachés.
À très vite pour de nouvelles coulisses…
Et peut-être quelques confidences supplémentaires. 💛
📚 Si vous avez envie de découvrir les histoires qui, elles, ont survécu à toutes ces coupes, mes livres vous attendent sur ma boutique Payhip.
Merci d'être là.
Plume d'écume ✒️