Panier d'achat
Loading

Non, toutes les blessures ne nous rendent pas plus fortes

On l’entend souvent : « Ce qui ne te tue pas te rend plus forte. »

C’est une jolie phrase.

Le genre de phrase qu’on partage facilement, qu’on répète à quelqu’un qui traverse une période difficile ou qu’on utilise pour donner un sens à ce qui nous est arrivé.

Et parfois, c’est vrai.

Certaines épreuves nous obligent à nous découvrir autrement.

Elles nous apprennent à poser des limites, à faire des choix qu’on n’aurait jamais osé faire auparavant ou à regarder certaines situations avec un œil différent.


Mais faut-il vraiment que toutes nos blessures deviennent des forces ?

Parce que certaines blessures font simplement mal.

Certaines fragilisent, laissent des traces et changent quelque chose en nous pendant longtemps.

Et peut-être qu’on devrait avoir le droit de le reconnaître sans chercher immédiatement la formidable leçon de vie cachée derrière.


Toutes les épreuves ne cachent pas une leçon


Nous avons souvent besoin de donner du sens à ce qui nous arrive.

Quand quelque chose nous a fait souffrir, il peut être rassurant de penser que cette souffrance devait forcément servir à quelque chose. Qu’elle nous ait appris une leçon, qu’elle nous ait rendus plus forts ou qu’un jour, nous regarderons derrière nous en pensant : « Finalement, c’était nécessaire. »

Mais non.

Certaines choses n’étaient pas nécessaires. Certaines blessures auraient très bien pu ne jamais exister et notre vie ne s’en serait probablement pas moins bien portée.

Reconnaître cela ne signifie pas rester enfermé dans le passé, ni refuser d’avancer.

On peut parfaitement continuer son chemin sans éprouver la moindre reconnaissance envers ce qui nous a abîmés.


On peut avancer sans remercier ce qui nous a fait souffrir.


Être encore debout ne veut pas forcément dire être plus fort


Après une épreuve, il arrive que les autres nous regardent avec admiration et nous disent : « Tu es tellement forte. Je ne sais pas comment tu fais. »

Peut-être.

Mais continuer n’est pas toujours une démonstration de force.

Parfois, on continue simplement parce qu’on n’a pas vraiment le choix.

Il faut se lever le matin. Travailler. S’occuper de ce qui doit l’être. Répondre aux messages. Faire les courses. Continuer cette vie qui, étrangement, n’a pas décidé de s’arrêter en même temps que notre monde à nous.

Vu de l’extérieur, cela peut ressembler à de la force.

De l’intérieur, on peut simplement se sentir épuisé, fragile, en colère, perdu ou complètement vidé.

Et ça aussi, ça compte.

On n’a pas besoin de se sentir invincible pour être en train d’avancer.


Certaines blessures ne disparaissent pas complètement


Le temps passe. La vie reprend. On rit de nouveau, on fait des projets, on rencontre d’autres personnes et on construit autre chose.


Pourtant, certaines expériences laissent quelque chose derrière elles.

Cela peut être une méfiance qu’on n’avait pas auparavant, une difficulté à faire confiance, une peur qui surgit dans certaines situations ou cette étrange habitude de vouloir tout contrôler pour éviter d’être surpris une nouvelle fois.

On peut même développer des réflexes de protection longtemps après que le danger a disparu.

Cela ne signifie pas qu’on n’a pas avancé.

Guérir ne veut pas forcément dire effacer tout ce qui s’est passé et redevenir exactement la personne que nous étions avant. Certaines traces restent. Elles font désormais partie de notre histoire, même si elles ne la dirigent plus.

Et puis, finalement, est-ce vraiment cette ancienne version de nous que nous cherchons à retrouver ?


Ce n’est peut-être pas la blessure qui nous rend plus forts


Si certaines expériences finissent malgré tout par nous transformer, ce n’est peut-être pas grâce à la blessure elle-même.

C’est parfois ce que nous construisons après.

On apprend à dire non là où, autrefois, on aurait accepté. On reconnaît plus rapidement certaines situations qui nous font du mal. On arrête progressivement de chercher l’approbation de tout le monde et certaines limites, impossibles à poser auparavant, deviennent évidentes.

Nos choix peuvent également changer. Pas parce que nous sommes soudain devenus plus forts, mais simplement parce que nous savons désormais ce que nous ne voulons plus vivre.

La force ne vient alors pas de ce que nous avons subi.


Elle vient de ce que nous avons décidé de construire malgré ce que nous avons subi.

Et la différence est importante.


Faut-il vraiment ressortir plus fort de tout ?


Il y a quelque chose d’épuisant dans cette idée qu’une épreuve devrait obligatoirement nous faire grandir.

Il faudrait en ressortir plus fort, plus sage, plus courageux, plus résilient. Comme si souffrir ne suffisait pas et qu’il fallait, en plus, présenter à la fin le bilan positif de l’expérience.

Parfois, il n’y en a pas.

Parfois, on a simplement besoin de pouvoir dire : « Ça m’a fait mal. »

Sans ajouter immédiatement : « Mais grâce à ça, je suis devenue la personne que je suis aujourd’hui. »

Peut-être que nous serions devenus cette personne autrement. Peut-être même que nous aurions préféré ne jamais avoir à développer certaines forces.

Toutes nos cicatrices n’ont pas besoin de devenir des médailles.


Et si la force était ailleurs ?


Elle est peut-être beaucoup plus discrète qu’on ne l’imagine.

Elle peut être dans un premier « non » prononcé alors qu’on aurait autrefois cédé. Dans une décision qui paraît insignifiante aux autres mais qui change énormément de choses pour nous. Dans le fait de demander de l’aide alors qu’on a toujours voulu tout porter seul.

Elle peut aussi être dans le choix de recommencer. Ou, au contraire, dans celui d’arrêter enfin.

Et parfois, la force consiste simplement à accepter que nous ne serons plus exactement la personne que nous étions auparavant.

Parce que certaines blessures ne nous rendent pas plus forts.

Elles nous changent.

Et ce que nous devenons ensuite ne dépend pas uniquement de ce qu’elles ont fait de nous. Cela dépend aussi, petit à petit, de ce que nous choisissons de garder, de modifier, de reconstruire ou de laisser derrière nous.


Alors, posons-nous une autre question


Lorsque nous repensons à une épreuve importante, nous cherchons facilement ce qu’elle nous a appris.

Mais au lieu de nous demander : « En quoi cette épreuve m’a-t-elle rendu plus fort ? »,

nous pourrions peut-être nous demander :

« Qu’est-ce que je fais différemment aujourd’hui à cause — ou malgré — ce que j’ai vécu ? »


La réponse ne sera pas forcément spectaculaire.

Ce sera peut-être une limite que nous savons désormais poser.

Un choix que nous faisons autrement. Une habitude abandonnée. Une peur encore présente. Une confiance accordée avec davantage de prudence. Ou simplement une meilleure connaissance de nous-mêmes.

Et ce sera déjà beaucoup.

Parce que nous n’avons pas besoin de transformer toutes nos blessures en forces pour prouver que nous avons avancé.


Certaines cicatrices racontent simplement que nous sommes passés par là.

Ce que nous décidons d’écrire après nous appartient.


☕ Si tu ne me connais pas encore, bienvenue chez Plume d’écume.

Ici, je parle de ces petites et grandes choses qu’on nous présente parfois comme simples alors qu’elles ne le sont pas vraiment.

Dans Parfaitement Imparfaites, je ne te propose pas seulement de lire des réflexions. Chaque thème est aussi une invitation à t’arrêter sur ta propre histoire, avec un atelier, des questions auxquelles répondre et des pistes de réflexion pour aller plus loin.

Parce qu’une phrase peut faire réfléchir.

Mais parfois, c’est la question qu’on ose enfin se poser qui change quelque chose.

👉 Découvrir Parfaitement Imparfaites : 

https://payhip.com/plumedecume