On dit que nous ne voyons qu'avec nos yeux.
Je connais une légende de temps très anciens, qui dit qu'on peut voir bien plus qu'avec nos yeux.
Laisse-moi t'y emmener.
Chapitre 1
Voici la légende du peuple des Ouros.
Chez les Ouros, il y a longtemps, très longtemps, la vie était pétillante, et palpitante. Chaque parcelle de vie était une étincelle jaillie de l'univers. C'était beau, vivant et coloré.
Les Ouros habitaient sur une île grande et verdoyante, qu'ils avaient appelé L'Adorée, tellement ils la chérissaient.
Cette terre leur donnait tout ce dont ils avaient besoin. Alors, en retour les Ouros, le lui rendaient pareillement. La vie y était harmonieuse, paisible et éternelle.
L'éclat de cette île avait aussi ses inconvénients, qui pouvait briser cette belle harmonie. Les visites y étaient rares. L'île qui brille ou L'Île Brillante, comme on l'appelait sur les continents voisins, faisait fuir les gens, amis comme ennemis.
Elle éblouissait les yeux. On y voyait mal, disaient les marins, cela piquait les yeux.
Certains Ouros avaient tentés des approches chez leurs voisins. Mais eux aussi, comme l'île, piquaient les yeux des peuples alentours.
lls étaient tristes de cette situation. Ils se sentaient seuls, ne pouvant partager ce qu'ils voulaient offrir au monde. C'était comme s'ils faisaient peur.
Un jour, un bateau qui longeait leur côte vint s'échouer sur leur récif. Ils ne trouvèrent aucun survivant. Le cœur des Ouros fût en grande peine.
Ils enterrèrent les corps retrouvés, et firent une grande cérémonie en leur honneur.
L'île, qui était comme animée, pleura fortement avec eux. Elle aussi était un des êtres de ce lieu. Et si on le désirait on pouvait communiquer avec elle. Ce jour-là, elle voulu s'arracher ses récifs, et ne plus décimer les bateaux.
Le lendemain, la vie reprit son cours normal sur L'Adorée, en apparence...
L'île, quand à elle, perçut un chatouillement étrange dans un endroit où personne n'allait.
Durant toute la journée elle voulut se gratter, car c'était un endroit sensible pour elle.
Elle ne le pouvait, et le déplorait. Le soir, ne tenant plus, elle gesticula, s'agita, et trembla, tellement cela la démangeait. Elle réalisa soudain que les êtres qui la peuplaient, pouvaient être touchés par ses tremblements. Elle se reprit. Elle commença a communiquer avec cette chose qui la chatouillait tellement.
L'île demanda : « Qui est là ?
- Moi !répondit une petite voix.
- Ha oui, et qui êtes-vous ?
- Je suis … je ne sais plus. Je suis un enfant... et je suis perdu. » L'enfant s'arrêta un peu déconcerté par la situation. Il entendait une voix, et ne se souvenait plus de qui il était. Surtout de son nom.
Puis des souvenirs revinrent, il reprit:
« Ha oui, j'étais sur un bateau. Nous sommes passé à côté de L'Île Brillante, avec mes parents et les autres passagers du bateau. La roche a brisé la coque de notre bateau, et nous avons coulé.
J'ai du passer dans l'autre monde. Mais je ne vois rien dans ce monde. Je me déplace avec mes mains devant qui me disent où aller, je tâtonne.
- Ha, je comprends mieux les chatouillements, dit l'île. Tu n'es pas encore dans l'autre monde. Tu es sur l'île L'Adorée, que tu nommes L'Île Brillante. Sois sans crainte, je serai là pour te guider. Pourrais-tu cependant cesser de tâtonner avec tes mains pour te déplacer, cela me chatouille fort. Sinon je vais finir par trembler, et le sol va bouger.
- Merci de ton aide, répondit l'enfant. J'arrêterai d'utiliser mes mains pour me repérer. Et toi qui es-tu ? Et pourquoi tu dis que je te chatouille ?
- Je suis l'île. Hi hi hi, se mit-elle à rire. »
L'enfant fût troublé par sa réponse. Il eu même un peu peur. Car il avait entendu plein d'histoires sur cette île, et savait que ce lieu n'était pas ordinaire.
Puis il s'avisa. « Ma foi, si elle peut me guider, se dit-il, je l'écouterai. Elle sera mes yeux. »
L'enfant lui demanda quand même : « J'ai déjà entendu parlé de toi. On m'a dit que tu étais dangereuse. Est-ce vrai ?
- Moi dangereuse ? Et pourquoi ? Je suis juste brillante, voilà tout. Les gens n'aiment pas cela et pense que je vais les engloutir vivants. C'est faux. Je n'ai besoin d'engloutir personne. J'aime les êtres qui me peuplent et je les aide s'ils en ont besoin. Sois sans crainte. Me laisseras-tu te guider ?
L'enfant dit à l'île : « Oui, je veux bien, guide-moi. Mais avant, j'ai une question. Est-ce qu'un jour je pourrais te voir ? »
L'île prit un temps, puis répondit : « Oui, et tu verras même bien plus. Mais pas pour l'instant.»
L'enfant se laissa convaincre et accepta volontiers que l'île le guide. Cependant, qu'est-ce que l'île entendait par voir bien plus ? Puis, se disant qu'il n'avait rien à perdre, il se laissa faire et n'y pensa plus.
L'île fît découvrir à l'enfant toute sa richesse et ses splendeurs. Décrivant avec justesse chacun de ses cailloux, chacune de ses plantes, chacun de ses animaux, elle lui parla aussi de ses habitants. L'enfant n'en revenait pas. Malgré la perte de sa vue, il découvrit un monde coloré, riche de vie et époustouflant. D'une certaine manière il voyait, bien que ce fût sans ses yeux.
Il voyait par ses oreilles la mer qui avait créé de jolis escaliers, où les poissons s'y glissaient. La forêt ressemblait à une construction posée par la nature, avec à chaque étage ses habitants et ses couleurs. Quant aux habitations des Ouros, elles se fondaient dans le décor de manière somptueuse. C'était comme si l'île avait pris mousses, branchages et terre pour y construire des abris douillets à ses occupants, où les gens y faisaient fleurir leur maison. La vie sur l'île était harmonie.
Il comprit enfin pourquoi il ne voyait pas avec ses yeux ici. Ce qui l'éblouissait au dehors, l'éblouissait maintenant au dedans.
L'île dit à l'enfant : « Il est temps de te présenter au peuple des Ouros. Tu es prêt ? »
L'enfant acquiesça.
Chapitre 2
Sur l'île, il existait des sortes de petits hameaux éparpillés.
Au centre de l'île se trouvait une place principale où les habitants se regroupaient pour des événements divers, comme les marchés, les fêtes, ou aux différentes phases de la lune pour des cérémonies de la plus haute importance.
Le jour où l'île mena l'enfant en son centre, fût un jour de pleine lune, qu'on voyait même au soleil, belle et bien ronde. L'enfant se rendant sur la place, sentit la chaleur du soleil sur sa peau. Il cru même apercevoir quelques paysages flous.
Enfin arrivé, il entendit des voix. Il s'approcha doucement.
Une voix dit : « Mais qui est cet enfant ? »
Les voix se mirent à bourdonner autour de lui, et à lui poser toute une foule de questions, de la plus logique à la plus farfelue.
Sa tête se mit à tourbillonner, tout tournait, et tournoyait. On aurait dit que les voix étaient aussi éblouissantes. Ce qu'il entendait l'étourdissait. Tout se mélangeait. Il entendait sans arrêt « Voix éblouissantes, voix éblouissantes, voix éblouissantes... ».
Soudain il éclata d'un fou rire, sans pouvoir s'arrêter, croyant qu'il devenait fou.
Les Ouros voyant le garçon perdre pied, comprirent qu'il fallait faire quelque chose. Leurs voix n'étaient pas habituelles pour lui, et étaient comme trop fortes. Ce n'était pas la force de leur volume, mais la force de leurs vibrations.
Ils cessèrent de poser des questions. L'enfant se calma aussitôt. Il revint peu à peu à lui.
Il leur dit, « Je vous entends mieux maintenant. Ma tête ne tourne plus. »
Un des habitants de l'île se présenta : « Nous sommes les Ouros, le peuple de l'île L'Adorée.
Nous te souhaitons la bienvenue. Nous sommes désolés pour les questions et nos voix trop perçantes. Cela fait tournoyer les têtes quand les gens ne sont pas habitués.
- Cela va beaucoup mieux, répondit l'enfant, ne vous en faîtes pas. Je suis ravi de vous rencontrer. Je me sentais un peu seul. Heureusement l’île m'a tenue compagnie.
- Ha oui, tu as fait la connaissance de notre île. Elle est magique, tu sais.
- Magique ?
- Oui, oui, dit-il en rigolant. »
Le garçon leur expliqua comment il était arrivé ici. Il leur raconta comment l'île l'avait aidée.
Un des habitants de l'île s'approcha du garçon. C'était le « raconteur-d'âme » , comme on l'appelait ici. Il avait accès à une grande et puissante connaissance. Avec douceur, il prononça les paroles suivantes : « Mon garçon, sans être un Ouros, et avoir reçu nos enseignements, tu as su communiquer avec l'esprit de notre île. Tu dois avoir une grande écoute. Est-ce que tu as vu quelque chose ?
- Non, dit l'enfant, avec mes yeux, non. J'ai vu des choses floues, comme des tâches de couleurs, sans forme.
- Et avec le reste ? , demanda le raconteur-d'âme, le sourire aux lèvres.
- Oui, j'ai vu. J'ai presque tout vu. L' île m'a tout conté. J'ai adoré. J'ai vu la richesse de votre terre, et votre amour pour elle. Mes oreilles et mon cœur ont été éblouis. Il ne se sont pas fermés comme mes yeux. »
Le raconteur-d'âme se tourna vers les Ouros et chuchota. Ils l'écoutèrent l'air préoccupés. Ils lui posèrent des questions, il leur répondait toujours en chuchotant. Cela pris un certain temps. Puis à la fin de l'échange, un étrange « hum » d'acquiescement général se fît entendre.
Le garçon avait un peu d'appréhension. Puis il pensa à toutes les belles choses qu'il avait vu de ses propres oreilles. Il savait au fond de lui qu'il ne craignait rien avec eux. Il était même impatient de savoir ce qui l'attendait.
Ainsi le raconteur-d'âme se tourna vers l'enfant et lui demanda : « Te souviens-tu de ton nom ? »
L'enfant réfléchit et dit : « Hummmm... Jo..., non Da..., non Ma... Zut, je ne sais toujours pas. Et cela ne m'a pas perturbé depuis que je suis ici. Est-ce normal ?
- Oui. Tu es venu ici pour vivre avec nous. Ton âme me l'a dit. Elle souhaite que tu changes de nom.
- Ha bon ?! répondit l'enfant.
- Oui, tu as besoin de nous pour raconter au monde ce que tu vois et comment tu vois.
- Je vois avec mes yeux, non ?
- Plus maintenant, tu vois avec d'autres parties de toi-même. Tu vas devenir un raconteur-d'âme, comme moi, adulte. Pour l'instant, ne nous attardons pas sur ça, veux-tu ? »
L'enfant ne comprenait pas tout. Son âme parlait, des êtres savaient lui parler, et lui aussi saurait le faire un jour. Quelles idées étranges !
Ce peuple et ce lieu bousculait décidément tout en lui.
Il prit peur, l'île comprit cela, puis lui dit :
« Courage mon enfant. Mon peuple va t'aider à voir au-delà de toi et à recouvrer la vue sur l'île. Tu es bien entouré. J'y veille. »
Ces mots l'apaisèrent. Il reprit confiance.
Le raconteur-d'âme lui expliqua : « Nous allons t'appeler « l'enfant du lieu » qui se dit Ahouté dans notre langue. Nous t'appelons ainsi parce qu'Amaté, « la dame du lieu », qui est notre île, t'a parlé, et tu l'as entendu. »
Ahouté, à l'écoute de son nom, ressentit une joie intense. Il ne sût pourquoi. Peu importait les raisons, la gaîté raisonnait fort en lui. Il avait un nom, de nouveaux amis, plein de choses à découvrir, plein d'aventures à vivre. Hourra !
Chapitre 3
Aouté apprit beaucoup. Chaque jour de la semaine il étudiait des disciplines différentes. Les personnes qui l'instruisaient ne laissaient rien au hasard, tant sur ses connaissances, que sur sa pratique, ou son équilibre personnel.
L'instruction d'un raconteur-d'âme était un travail qui demandait d'être minutieux et patient. Les Ouros pratiquaient cet art depuis des siècles, de mémoire de peuple. Leurs connaissances étaient celles du ciel et des étoiles, et du voyage dans ces mondes.
On apprenait aux élèves à explorer leur être intérieur pour avoir ainsi accès à des informations, et connaître l'univers.
Les quatre règnes du mouvement, minéral, végétal, animal, et êtres conscients, avaient leur place et leur rôle dans le cosmos, d'après eux. Les âmes évoluaient d'un règne à l'autre, et ne cessaient de retourner dans ce manège sans fin.
Elles cherchaient le jeu de manière insatiable, toujours friandes de sensations et d'expériences.
L'apprentissage de ces connaissances était pour diffuser une douce lumière qui éclairait leur monde et de fait, le monde, non pour gagner du pouvoir.
Les Ouros avaient une formule étrange qui disait : « Celui qui lit et lie, luit. »
Chapitre 4
Ahouté apprit et il grandit. Il apprit vite et bien. Pour un garçon qui n'avait pas été préparé depuis le plus jeune âge, il avait bien rattrapé son retard.
Il savait maintenant voyager dans les mondes visibles, et invisibles. Il savait voir au-delà de lui et des apparences. Il savait traduire ce qu'il avait vu, entendu, perçu ou senti.
Il apprendrait encore beaucoup de choses dans sa vie. L'expérience lui apporterait de la maturité. Néanmoins il savait assez pour commencer son futur rôle de raconteur-d'âme. Il était prêt.
Au bout de cet enseignement se déroulait toujours la grande cérémonie des nouveaux raconteur-d'âme. Ce jour était enfin arrivé.
Ce fût le soir. Ahouté fût invité sur la place au centre de l'île, là où il avait rencontré les Ouros pour la première fois.
Durant son apprentissage il avait entièrement recouvré la vue.
Cependant ce soir-là, on lui demanda de mettre un bandeau sur ses yeux. Lorsque Ahouté entendit cette demande, il sourit et comprit. Il s'exécuta. On l'emmena sur la place, dans le centre de l'île.
Ces cérémonies étaient l'occasion de réjouissantes festivités pour célébrer le passage des nouveaux raconteurs-d'âmes.
La lune était noire, on y voyait rien, seuls les étoiles et les flambeaux éclairaient la place. Sur le sol, on avait délicatement déposé les fleurs chéries de l'île. Elles laissaient un parfum suave et délicat. Une allée au centre de la place avait été dessinée à l'aide d'une autre espèce de fleurs au parfum plus fort, plus ambré, et un brin épicé. Il fallait y réveiller les sens.
Au bout de l'allée, au centre du centre, se trouvait un cercle dessiné au sol. On y avait placé des flambeaux tout autour où Ahouté se trouverait.
Quand Ahouté arriva sur la place, la foule était déjà là, impatiente et bruyante, très bruyante. Elle était excitée comme jamais, parlait fort et prédisait ce qu'il allait se passer. Comme si anticiper l'évènement lui permettait de vivre encore plus fort la cérémonie.
Les habitants étaient habillés de vêtements, amples, seyants et soyeux. Les couleurs des vêtements de la foule, et les décorations finement brodées étaient un régal pour les yeux. Les coiffures tressées de cérémonie étaient toutes plus imaginatives les unes que les autres. Elles ravissaient l'âme et vivifiaient l'esprit.
On plaça Ahouté au début du chemin de fleurs.
Le tambour tambourina, fort, jusqu'à ce que la foule cessa son brouhaha. Les percussions cessèrent. Le silence se fit entendre. C'est alors que le raconteur-d'âme de tous les raconteurs-d'âme dit ; « Ouhati ! ». Ce qui signifiait : « Que la cérémonie commence ! ».
La foule, écoutant ces paroles, prit une grande inspiration et retint son souffle. La musique commença. Le tambour d'abord, les perles tintillonantes ensuite, une sifflet gazouillant, des instruments à lame vibrantes, et pour finir la flûte.
Au son de la flûte Ahouté fût appelé à avancer sur le chemin. C'était le signal pour lui. La musique le guida, comme l'île auparavant.
Il traversa paisiblement le corridor humain. Ahouté avançait, sentant sous ses pieds nus de petites fleurs toutes fines, la terre de son île, et les cailloux parfois saillants, ou parfois très doux et polis.
S'il sortait du chemin, la foule l'aidait à reprendre la bonne direction.
Arrivé au centre sur le cercle dessiné au sol, la foule cria son nom, une fois, deux fois, trois fois... Cela devint un mantra. Personne ne s'arrêta de crier son nom. La musique s'était tue. Seul le nom « Ahouté » s'entendait. Tout le monde rentra dans un état d'hypnose léger, et Ahouté en transe totale. Au bout d'un moment le tambour reprit sa marche. A ce rythme, Ahouté envoûté par la foule criant toujours, sentit le centre de sa conscience se déplacer dans son corps. C'était comme si sa conscience était une petite boule de lumière qui se déplaçait partout où elle voulait, et voyait.
Cette petite boule de lumière visita ses tissus, ses os, sa chair, son sang. Grâce à ce voyage-là, il allait apprendre ce qui agitait son âme au plus profond d'elle-même. C'était follement excitant.
Elle partit hors du corps d'Ahouté, s'éleva au-dessus de la foule, partit dans d'autres espaces, et d'autres temps. Le temps et l'espace étaient dissolus pour elle. Elle était libre !
Elle restait toujours en lien avec Ahouté et le raconteur-d'âme des raconteurs-d'âme. Celui-ci, appelé Ohohaté, qui voulait dire « l'homme de ce lieu », aidait la boule de lumière. A travers un nuage de fumée de plantes, il communiquait avec la lumière d'Ahouté.
La boule se posa dans un monde étrange pour elle, un monde où tout était rond. Rond comme la lune et le soleil, se dit-elle, et comme moi en ce moment. Là, elle rencontra un être rond, avec un large sourire qui lui demanda : « Tu viens pour la clé ? »
La conscience d'Ahouté ne comprenait pas, mais Ohohaté écoutant depuis son nuage de fumée comprit, et lui confirma qu'elle était là pour la clé.
La petite boule acquiesça.
L'être rond toujours souriant lui dit « Voici la clé, ne la perds pas. Par contre, tu peux la partager sans fin. »
A ces mots, il rigola très fort d'un coup, puis s'arrêta, et se mit à parler de nouveau :
« A partir de Maintenant tu décides de Voir.
Chaque jour tu enlèves un peu de brume de tes yeux.
- Tes yeux sont ton Cœur.
- Seul ton Cœur voit véritablement.
- Ta vision n'est qu'un point parmi l'infinité de visions.
- Tes Œuvres et tes Actes sont le souffle de la Vie créatrice. Ils te sont inspirés et inspirent.
- Le cœur est au centre de toute chose.
- Tu es libre !
- Tu es les Yeux d'Or.
- « O » est ta signature ».
L'être rond s'arrêta d'énoncer la clé, regarda la petite conscience scintillante, et dit : « Retourne auprès des tiens, vis et partage ce message autant de fois qu'il te plaira. Tu es un messager de l'univers à l'âme vaillante. Tu es aimé, guidé et protégé. Ne l'oublie pas. Aller, vas ! »
La petite boule de lumière retourna dans le corps d'Ahouté.
Ahouté inspira et expira sa « clé » toute sa vie durant.
C'est ainsi que le peuple Ouros pu aller à la rencontre du monde et partager son savoir. Ahouté était leur messager. Bientôt ils ne furent plus éblouissants. Le monde pu les regarder et les écouter sans sourciller. Au contraire, la joie et l'amour se partagèrent à leurs côtés. L'île comme la terre furent entendues, choyées et protégées.
Ainsi Ahouté partagea sa clé.
Fin.
A l'homme du ciel, qui raconta l'histoire d'un aviateur, d'un petit garçon tout blond, et d'un renard. Il nous ouvrit le cœur, nous l'ouvre encore, et nous l'ouvrira toujours.
O.
Epilogue
Nous aussi nous pourrions signer nos œuvres et nos actes d'un « O » qui dit, Je vois.
Pourquoi pas ? Faisons un jeu de piste.
Lorsque nous voyons, ou que nous voulons voir, signons avec le « O » du message d 'Aouté.
Ce sera le « O », comme Ouros.
Merci infiniment à Flo Igi pour son soutient indéfectible.
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