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Pourquoi écrire

Je prends ici pour l'exemple l'écriture dans les arts purement expressifs (musique, dessin, écriture, théâtre...). Cela convient aussi pour les autres.


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Nous n'écrivons pas pour produire quelque chose. Nous écrivons pour exprimer ce qui nous anime, par nécessité. Si l'on a pour seul but de produire du contenu cela manquera de profondeur, et le spectateur va immanquablement s'en rendre compte. Les sujets viennent parce qu'ils sont des sentiments, des ressentis, des idées qui nous animent jusqu'aux plus profonds de nos viscères. Les ignorer c'est ignorer une part de nous-même. Nous écrivons aussi pour le plaisir de raconter, de partager, de susciter des émotions, de lancer des message dans notre monde, et pourquoi pas au-delà.


Un jour j'ai eu la chance qu'un étudiant en classe préparatoire me partage un de ses cours, qui était sur l'art et la pratique. J'en comprends une chose, c'est que l'art n'existe pas, l'art comme notre époque le défini. Il est en réalité une pratique, une manière de jouer avec le réel. Néanmoins tout est création. En séparant l'art de la pratique (qui est son origine étymologique) nous finissons par le vider de sa substance.


Dans le passé un paysan cultivait son champ, élevait ses animaux, produisait beaucoup de ses objets du quotidien, et en même temps il chantait, racontait des histoires, et décorait ses productions partout où il le pouvait. Il pratiquait et enjolivait son environnement avec la même ferveur. Cela n'était pas séparé. Peut-être parce que la dimension spirituelle était plus présente dans son monde.

Je pourrais vous donner l'exemple des bourrées pour illustrer mon propos, qui servaient à faire des fondations solides pour les maisons. On danse, on chante, on joue de la musique et on travaille par la même occasion.

Le noble du fief aussi participait à des tâches, car il était le garant du bon fonctionnement de son territoire. Downtownd Abbey a certainement eu du succès pour cet aspect. Le landlord n'est pas détaché de son petit royaume.


Récemment j'ai découvert le mot polymathe. Je pense que dans un environnement naturel l'homme est polymathe. Il connait des techniques dans plein de domaines. C'est stimulant, maintient en bonne santé, et ralentit le vieillissement.

(Je pense aussi que l'homme est polyglotte naturellement, mais c'est une autre histoire.)

L'art à notre époque tend (souvent, même quand il traite de sujets du monde réel) à se détacher des pratiques quotidiennes. On segmente, comme beaucoup de ce que nous réalisons ici-bas.. Dans un monde vivant tout est interconnecté. C'est cela qui produit l'intelligence. A la renaissance les gens érudits étaient formés dans beaucoup de domaines, sciences (mathématiques) comme lettres. Un penseur se devait d'avoir une connaissance élargie pour comprendre le monde. La période classique a chamboulé tout cela. On a introduit des standards pour prendre de la puissance. Le divin était toujours là, mais il fallait l'épater. Là où il nous traversait et où nous dansions avec, nous avons changé cela en une sorte de confrontation. Jusqu'à en arriver à aujourd'hui où ces normes sont partout. Utiles, certes... Mais un peu trop présentes parfois, n'est-ce pas ?


Pour en revenir à l'écriture, écrire est, comme dit Bernard, un cri qui vient de l'intérieur. Certains peuvent écrire pour ne produire que du contenu. Je pense que nous les repérons de suite. En revanche d'autres choisissent un sujet pour exprimer quelque chose de viscéral. Ceci n'est plus un travail, mais un acte profond d'expression et de partage des oscillations internes et des apprentissages. C'est aussi un moyen de transmettre et bien sûr de s'amuser (aussi au sens de la langue des oiseaux "âme user", user l'âme).


Quoi de mieux qu'une histoire pour partager un message. Celui-ci a l'avantage d'être compris au niveau de chacun et chacune. Il est fort probable que ce soit pour cela que beaucoup de sages utilisent des paraboles, cela infuse les idées sans forcer. [clin d’œil]


Jamais nous ne lirons Le petit Prince de la même manière. Nous découvrirons toujours de nouveaux apprentissages à chaque lecture. C'est cela qui est magique.


Bonne lecture à vous, bonne écriture à vous, et bon partage, et transmission...