Mémo psycho n°73 - Pourquoi avons-nous du mal à nous « déconnecter » mentalement ?
Comprendre pourquoi notre activité mentale peut rester élevée même lorsque notre journée est terminée.
Vous avez fermé votre ordinateur.
Vous avez quitté votre travail.
Pourtant, une tâche revient à l'esprit.
Un mail auquel vous n'avez pas répondu.
Une conversation.
Une décision à prendre demain.
Puis vous prenez votre téléphone « quelques minutes ».
Une notification.
Une vidéo.
Un message.
Et lorsque vous essayez enfin de ne plus rien faire, votre tête continue parfois à tourner.
Pourquoi avons-nous parfois autant de mal à déconnecter mentalement ?
Nous pouvons facilement penser que nous ne savons pas nous détendre, que nous sommes trop stressés ou que nous manquons simplement de « lâcher prise ».
Mais l'arrêt d'une activité ne signifie pas nécessairement l'arrêt immédiat des processus mentaux qui lui sont associés.
S'arrêter ne signifie pas forcément déconnecter
Tout au long de la journée, notre attention peut être sollicitée par des informations, des tâches, des décisions, des messages, des notifications ou des changements fréquents de contexte.
Lorsque l'activité s'arrête, certaines préoccupations peuvent pourtant rester actives.
Une tâche inachevée peut continuer à occuper l'esprit.
Une situation peut être mentalement réexaminée.
Une décision peut être anticipée.
Une difficulté peut continuer à mobiliser l'attention.
Il peut donc exister un décalage entre l'arrêt de l'activité extérieure et le retour à une activité mentale moins sollicitée.
Cette distinction est importante.
Car lorsque nous avons l'impression de ne pas réussir à « décrocher », nous cherchons parfois immédiatement une nouvelle stimulation : téléphone, réseaux sociaux, série, musique, informations…
Ces activités peuvent être agréables et parfaitement adaptées à certains moments.
Mais se distraire n'est pas nécessairement la même chose que déconnecter.
La déconnexion mentale ne consiste d'ailleurs pas à ne plus penser.
Elle peut plutôt correspondre à la possibilité de sortir progressivement d'un état de sollicitation continue, de réduire les interruptions et de permettre à l'attention de se poser autrement.
Pourquoi notre activité mentale peut-elle rester élevée après la journée ?
Plusieurs mécanismes peuvent contribuer à cette difficulté.
Les préoccupations peuvent prolonger mentalement une situation au-delà du contexte dans lequel elle s'est produite.
Les tâches inachevées peuvent rester présentes dans l'esprit, notamment lorsqu'elles nécessitent encore une action ou une décision.
Les anticipations peuvent nous amener à préparer mentalement ce qui doit arriver ensuite.
Et lorsque notre journée a été ponctuée de sollicitations nombreuses et fréquentes, la transition vers une période moins stimulante peut elle-même demander un temps d'adaptation.
À cela peut s'ajouter un autre phénomène : la disponibilité permanente de nouvelles stimulations.
Lorsque le téléphone, les notifications ou les contenus numériques sont immédiatement accessibles, un moment de calme peut facilement être rempli.
Ce comportement n'est pas nécessairement problématique.
La question devient différente lorsque chaque moment de disponibilité appelle automatiquement une nouvelle sollicitation.
Il ne s'agit alors plus seulement de savoir comment « se détendre ».
Il devient intéressant d'observer ce que nous faisons de nos moments où rien ne nous sollicite.
Dans ce Mémo Psycho, vous allez découvrir
Pourquoi l'arrêt d'une activité ne suffit pas toujours à déconnecter
Comprendre pourquoi certaines préoccupations, tâches inachevées ou anticipations peuvent continuer à mobiliser notre activité mentale après la fin d'une journée.
Comment les sollicitations successives influencent notre capacité à ralentir
Explorer le rôle de l'enchaînement des informations, décisions, notifications et changements d'attention dans les transitions vers des périodes moins stimulantes.
Pourquoi nous recherchons parfois spontanément une nouvelle stimulation
Comprendre ce qui peut favoriser le réflexe de consulter son téléphone, regarder un contenu ou remplir immédiatement un moment de calme.
Pourquoi distraction et déconnexion ne sont pas synonymes
Faire la différence entre une activité qui détourne momentanément notre attention et une diminution des sollicitations qui permet à celle-ci de se poser autrement.
Comment retrouver de véritables espaces de déconnexion
Découvrir des pistes concrètes pour créer des transitions, limiter certaines interruptions et redonner une place aux moments où notre attention n'a pas besoin d'être constamment sollicitée.
Un contenu pour comprendre
Et si le problème n'était pas de « ne plus penser » ?
Nous associons facilement la déconnexion au fait de vider notre tête.
Pourtant, ce n'est probablement pas le bon objectif.
Penser après une journée de travail n'est pas, en soi, un signe de dysfonctionnement.
Nous pouvons réfléchir à notre journée, anticiper le lendemain, nous souvenir d'une conversation ou simplement laisser notre esprit vagabonder.
La difficulté apparaît davantage lorsque notre attention reste continuellement captée ou que nous avons du mal à laisser exister un moment sans nouvelle sollicitation.
Cela change la manière d'envisager le repos.
Il ne s'agit pas nécessairement de chercher à supprimer toute activité mentale.
Il peut être plus pertinent de créer progressivement des transitions entre les différents modes de fonctionnement de la journée.
Quitter son travail ne signifie pas automatiquement avoir terminé sa journée mentalement.
Poser son téléphone ne signifie pas automatiquement être au repos.
Et regarder une série ne signifie pas nécessairement être déconnecté.
La déconnexion n'est donc pas l'absence de pensée.
C'est aussi la possibilité de retrouver des moments où notre attention n'a pas besoin de répondre en permanence à quelque chose.
Quelques minutes sans notification.
Un trajet sans sollicitation numérique.
Un repas sans écran.
Une transition entre le travail et la maison.
Un moment calme avant de dormir.
Ces espaces peuvent sembler insignifiants.
Pourtant, ils permettent d'observer une chose essentielle :
nous ne nous reposons pas seulement lorsque nous cessons de faire. Nous nous reposons aussi lorsque notre attention cesse d'être constamment sollicitée.
Ce que contient ce Mémo Psycho
📄 Format PDF
⚡ Lecture rapide : 5 à 10 minutes
🧠 Fondé sur les connaissances actuelles en neurosciences et en psychologie cognitive
🎯 Une approche claire et accessible pour mieux comprendre son activité mentale au quotidien
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Ce Mémo Psycho n°73 fait partie de la bibliothèque Cerveau Social & Relations, une collection consacrée aux mécanismes qui influencent nos relations, notre besoin d'appartenance et notre manière d'interagir avec les autres.
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