Des silences que l’on porte sans même s’en rendre compte.
Ils vivent dans les regards qui s’échappent, dans les mains qui hésitent, dans les départs que personne ne remarque vraiment.
On croit souvent que les gens racontent leur vie avec leurs paroles.
Mais ce n’est pas vrai.
La plupart du temps, ce sont leurs silences qui disent tout.
Le silence d’une fatigue que l’on cache derrière un sourire.
Le silence d’un cœur qui a trop attendu.
Le silence d’une personne qui aurait voulu être comprise une seule fois sans avoir à se justifier.
Certaines personnes deviennent silencieuses non pas parce qu’elles n’ont rien à dire…
mais parce qu’elles ont trop porté seules.
Alors elles apprennent à se taire doucement.
À garder leurs pensées pour elles.
À marcher dans le monde sans déranger personne avec leurs tempêtes intérieures.
Et pourtant, derrière ces silences, il y a souvent des océans entiers.
Des regrets.
Des souvenirs.
Des rêves abandonnés quelque part entre deux années trop rapides.
Parfois, il suffit de croiser quelqu’un quelques secondes pour sentir cette fatigue invisible.
Comme si l’âme parlait discrètement à travers les fissures.
Nous vivons dans un monde où tout le monde parle.
Où chacun veut répondre, convaincre, exister plus fort que le voisin.
Mais les êtres les plus profonds ne sont pas toujours les plus bruyants.
Il y a des gens qui aiment en silence.
Qui souffrent en silence.
Qui pardonnent en silence.
Et parfois même…
qui disparaissent en silence.
On oublie trop souvent que certains combats ne font aucun bruit.
C’est peut-être pour cela que certains regards nous bouleversent sans explication.
Parce qu’ils portent quelque chose que les mots ne savent pas raconter.
Avec le temps, j’ai compris que le silence n’était pas toujours un vide.
Parfois, il devient une protection.
Un refuge.
Une manière de continuer à avancer lorsque le monde devient trop lourd.
Et dans ces moments-là, un simple geste peut tout changer.
Un regard sincère.
Une présence calme.
Une personne qui reste sans chercher à réparer ce qui ne peut pas l’être immédiatement.
Parce qu’au fond, nous avons tous besoin d’un endroit où notre silence peut enfin respirer sans être jugé.
Peut-être que la vraie douceur humaine commence là.
Dans cette capacité rare de comprendre ce qui n’est pas dit.
Merci à celles et ceux qui prennent le temps de lire, même en silence.
Vos impressions sont précieuses. N’hésitez pas à partager votre ressenti après la lecture. 🌿
— Élisabeth De Cordoba (Manon Lacombe) autrice indépendante.
© Texte original publié sur TheLibrisWorld / PlumeEncreNoir.
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