Il y a des livres qu’on lit.
Et puis il y a ceux qu’on garde.
Pas parce qu’on les relit souvent.
Mais parce qu’ils ont été là au bon moment.
Ils prennent peu de place sur une étagère, mais beaucoup dans la mémoire. On se souvient où on était quand on les a ouverts. De la lumière dans la pièce. Du silence autour. Parfois même de ce qu’on essayait d’oublier.
Les livres ne posent pas de questions.
Ils attendent.
Ils savent revenir quand on est prêt.
Ils acceptent d’être refermés sans rancune.
Ils ne demandent rien d’autre que d’être là, disponibles, discrets.
Certains portent des phrases soulignées.
D’autres une page cornée, un billet oublié, une trace de café.
Ce ne sont pas des défauts. Ce sont des preuves de vie.
Un jour, on en ouvre un au hasard.
Et sans comprendre pourquoi, on retrouve exactement ce dont on avait besoin.
Alors on le referme doucement.
Et on le remet à sa place.
Comme on le ferait avec quelque chose de précieux.
Sans bruit.