Ce matin-là, j’étais convaincue que le café était de mon côté.
Après tout, nous avions une longue histoire ensemble. Lui et moi contre le monde.
J’avais tout prévu :
ordinateur ouvert, carnet prêt, inspiration au rendez-vous.
Je saisis ma tasse, confiante… et c’est là que tout bascule.
Le café était froid.
Pas tiède.
FROID.
Trahison.
Je l’ai regardé comme on regarde un ami qui a oublié notre anniversaire.
Déçue. Profondément.
J’ai soupiré, j’ai réchauffé la tasse, j’ai repris ma place.
Cette fois, trop chaud.
Langue brûlée. Inspiration envolée.
C’est à ce moment précis que j’ai compris :
l’écriture, c’est exactement comme le café.
Quand c’est trop froid, on n’avance pas.
Quand c’est trop chaud, on se brûle.
Mais quand c’est juste parfait… on peut écrire pendant des heures.
J’ai souri.
J’ai bu une gorgée.
Et j’ai écrit quand même.
Parce qu’au fond, même les cafés ratés finissent parfois en bonnes histoires.
Élis.