Il y a quelque chose d’étrange quand on écrit.
On dépose des mots, souvent dans le silence. On espère, sans vraiment le dire, que quelqu’un les lira… mais sans jamais savoir ce qu’ils deviendront une fois posés.
Et puis parfois, il se passe quelque chose de rare.
Quelqu’un lit.
Pas rapidement.
Pas en surface.
Mais vraiment.
Et cette personne ne parle pas seulement du texte.
Elle parle de ce qu’il contient.
Quand j’ai lu ces mots, je me suis arrêtée.
Parce qu’ils ne parlaient pas simplement d’un texte.
Ils parlaient de l’écriture. De ce qu’elle est, peut-être, quand elle est sincère.
La vérité du réel.
Cette phrase m’est restée.
Parce que c’est peut-être cela, au fond, que l’on cherche sans toujours savoir le nommer.
Pas écrire pour plaire.
Pas écrire pour remplir.
Mais écrire pour approcher quelque chose de vrai.
Quelque chose qui ne se voit pas toujours au premier regard.
Dans les silences.
Dans les hésitations.
Dans ce que l’on ne dit pas entièrement.
Et c’est là que tout devient fragile.
Parce qu’écrire ainsi, c’est accepter de ne pas tricher.
C’est accepter de ne pas toujours savoir.
C’est accepter de montrer, parfois, ce qui tremble un peu.
Alors quand quelqu’un le voit…
Quand quelqu’un reconnaît cela…
Il ne lit plus seulement un texte.
Il rencontre.
Ces mots m’ont rappelé quelque chose d’essentiel.
Que l’écriture n’est pas seulement un geste solitaire.
Elle devient réelle à partir du moment où quelqu’un, quelque part, la reçoit avec justesse.
Et peut-être que c’est ça, le plus beau.
Pas le nombre de lectures.
Pas la visibilité.
Mais ce moment précis où l’on se sent compris… sans avoir eu besoin de tout expliquer.
Écrire, finalement, ce n’est pas parler.
C’est tendre quelque chose.
Et parfois…
quelqu’un le prend.
Élisabeth De Cordoba, autrice indépendante.
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