Les fins de cycle ne font pas toujours de bruit.
Elles ne s’annoncent pas forcément par une rupture nette ou une décision claire.
Souvent, elles s’installent doucement.
Ce qui fonctionnait demande plus d’effort.
Ce qui nourrissait laisse indifférent.
L’élan se fatigue sans raison apparente.
Et pourtant, on continue.
Comme d’habitude.
Par loyauté.
Par peur de ne pas savoir ce qu’il y aura après.
On confond souvent fin de cycle et échec.
Comme si quelque chose devait mal se passer pour mériter de s’arrêter.
Comme si une page ne pouvait se tourner qu’après une crise.
Mais certaines fins sont paisibles.
Elles demandent simplement d’être reconnues.
Reconnaître une fin de cycle ne signifie pas agir tout de suite.
Ce n’est pas forcément quitter, changer, annoncer.
C’est d’abord cesser d’insister.
Cesser de se convaincre.
Cesser de forcer l’enthousiasme.
Cesser de chercher à retrouver ce qui n’est plus là.
Il existe un moment précis où l’énergie commence à se retirer.
Pas brutalement.
Mais suffisamment pour que continuer coûte plus que s’arrêter.
C’est souvent là que le doute apparaît.
Pas comme une faiblesse,
mais comme un signal.
Forcer une fin de cycle est aussi déséquilibrant que la nier.
Laisser mourir trop vite ce qui n’a pas encore terminé son travail
peut créer de la confusion.
Mais refuser de voir qu’un cycle se termine
peut épuiser profondément.
Il y a un juste milieu.
Un espace d’observation.
Un temps de reconnaissance intérieure.
Ce n’est qu’après cette reconnaissance
que le mouvement peut se faire naturellement.
Sans violence.
Sans urgence.
La suite ne se décide pas toujours.
Elle se révèle.
🌿
Karène